162
HISTOIRE DE LA CHUIIE.
chefs-d’ceuvre de Raphael et du Titien. Le Saint Marc et la V6-nus offrent des exemples remarquables de peintures dans les-quelles toutes les teintes foncees sont evidemment produitespar des ocres jaune et rouge, et par des substances carbona--cdes (1).
Le sentiment du beau est le meine chez tous les peuples ci-vilisds de POccident, et ä toutes les epoques les grands artistesse servenL des mdmes moyens pour le satisfaire. II y a ici unrapport digne de nos meditations. '
Dans tous leurs sujels hisloriques et moraux, les artistesde la Grece itaient tres-sobres de teintes brillantes; sem-blables en cela aux grands peintres des icoles romaine, espa-gnole et llamande, dont les tableaux ont un ton sivöre et, autantque possible, uniforme.
Passons maintenant ä la description de chacune des couleursen particulier.
§ 46.
Pourpre.
Nous avons dejk mentionni cette couleur (2); nous allons nousy arröter davantage.
Y avait-il plusieurs especes depourpre? Quels etaient les pro-cides de teinture anciennement usites (3)?
Suivant Aristote, il y avait plusieurs mollusques qui fournis-saient la pourpre. « Les coquillages, dit-il, qui vivent dans lesgelles (de la Mediterranee) sont grands et garnis d’aspiritis;la plupart ont une fleur noire, quelques-uns Pont rouge, et enpetite quantite. Ceux qui naissent prds des cotes sont petits,mais presque tous ä couleur rouge. Leur tissu est dense,et a Paspect d’une Membrane blanche qu’on enlöve. Quand on
(1) Iluniphry IJavy, Annales de la chimie, t. xcvi.
(2) Voyez plus haut, p. 60.
(3) Vers la sin du siede passi , le gouvernement espagno! fit publier tous lesdocuments relatifs ä la pourpre des anciens , sous le titre suivant : Memoriassobre la purpura de los anliguos, restaurada en Espana, qui de orden dela real Junta general de comercio y moneda se dan al publico; por don JuanPablo Canals y Marti. Madrid, 1779, 4. On n’y trouve aucune observatio»neuve.