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Tome premier.
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163
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PREM1ERE EP0QUE. 163

le presse, ii teint et colore la main; ce qui parait etre la jleur(matiore tinctoriale) s’y ramifie comme une veine (1). »

Selon Vitruve et Pline, qui copient ici en partie Aristote, Iave-ritable pourpre etait d’un rose fonce (2). On ajoutait a la liqueur,retiree des vaisseaux veineux des mollusques, une quantitdproportionnee de sel (carbonate alcalin, environ 1 pour 100 deliquide), dans lequel on la laissait macerer pendant trois jours;ensuite on la faisait bouillir dans des clvaudikres de plomb{fervere in plumbo), jusqu’ii r6duction d’un seizi&me; enfin onessayait la liqueur en y trempant une etoffe de laine convena-blement prdparee par le lavage {vellus elutriatum mergitur inexperimentum). On continuait k la concentrer jusqu’a ce quela couleur, ainsi soumise a l’6preuve, fut d’un tres-beau rougefoncA On laissait Ia laine, pendant cinq heures, plongee dans lateinture, puis on la retirait, et on la cardait pour l’y plongerde nouveau, asm qu’elle fut bien impregnee de la matiere tinc-toriale (3).

Pline raconte que les coquillages qui donnent Ia pourpresont de deux especes : Pune, plus petite, s’appelle buccin{buccinum), a cause de sa ressemblance avec 1’instrumentde ce nom; 1’autre se nomme pourpre {purpura)·, le temps leplus favorable pour leur p6che etait soit apres le lever de la ca-nicule, soit avant le printemps (4). Vitruve assure que la couleurdiffdrait suivant les pays; qu’elle approchait davantage du vio-let dans les pays du Nord, tandis qu’elle etait plus rouge dansles contrees meridionales; qu’on la prdparait en battant le co-quillage avec des instruments de fer, et que la liqueur pourpreseparee du reste de Panimal etait mf-lee avec un peu demiel (5).

Tout ce que les anciens nous rapportent des coquillages, telsque le murex etle buccin, comme fournissant la fameuse couleurpourpre, a 6te, par quelques auteurs, regardi comme fabu-

0) Aristotr, Hist. anim., v, 13.

(2) Pline, Hist. nat., ix, 60.

(3) Id., ibid., 62.

(4) Plin., ix, 61. lleaumur pcnsait que la matiore tinctoriale, renrerineetlans la veine ou poclie de ces mollusques, est un amas d’ceu(s de certaiuspoissons, servant de pilture a ces animaux, et qu’il y a lien de croire que cttlepature est trop indigeste pour eux, ce qui fait qu’ils la rejetlenf.

(5) Vilruve, vu, 14. .

II.