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HISTOIRE DE LA CI1IMIE.
tinctoria). C’est ainsi qu’avec le bleu et le rouge on aura obtenule violet pourpre, si estime des anciens.
Parmi les autres plantes tinctoriales, Yitruve cite le vacci-nium, dont les baies sont encore aujourd’hui employees dansquelques pays du Nord pour teindre des ötosfes (1), la vio-lette ( viola ) et le luteum ( herba luteum ), qui est probablementnotre gaude ( reseda luteola).
Quant ä la garance, les anciens la designaient par le nomqu’elle porte encore aujourd’hui en botanique. Les Romains 1’ap-pelaient rubia ( rubia tinctorum ); et les Grecs, erythrodanon (quidonne le rouge). «Celte piante, qui sert ä teindre les laineset a tanner les peaux, est employde en mddecine comme diu-retique (2). »
Dioscoride en parle ä peu pres dans les mfimes termes quePline.
S’il restait encore quelque doute sur 1’emploi de la garancecliez les anciens , on n’a qu’ii se rappeler que le nom mSme derubia ddrive dvidemment de ruber, rubra., rouge (3).
Interrogeons maintenant les monuments qui nous restent de1’antiquite.
H. Davy rapporte qu’on a trouve, dans les bains de Titus, unvase de terre brise (4), conternant une matiere colorante ou laqued’un rose pale, qui pendant dix-sept siecles s’esttres-bien con-servee, excepte Ia partie externe, qui s’etait un peu alterde aucontact de l’air. II rdsulte, de l’analyse qu’en a Ia i te ce c6-lebre cbimiste, quecette laque est de nature organique, mdldede silice, d’alumine et de chaux. Et comme eile ne donne pas1’odeur ammoniacale, particuliere aux substances animales, eilepara It etre une mati&re organique non azotde. Est-ce une laquede garance? C’est probable, bien que Uavy n’ose pas 1'affirmer
(1) Nous avons montre ailleurs (dans le Cosmos de 1864) que les vaccinianigra de Vilnive, de'Pline, de Virgile, ne pouvaient pas 61re nos airelles (vacci-nium myrtillus), mais que c’elaient probablement les baies noires du troene.
(2) Rubia — qua Unguntur lanx pellesque perficiuntur, in medicina uri-nam ciet. Pline, xxiv, 56; Conf., xix, 17; Uioscorid., i», 160; Caelius Aurelianus,III, 5.
(3) Dans presque loutes les langues, le nom de celte piante rappelle 1’usagequ’on en faisait.
(4) 11 ne faiit pas conlondre ce vase avec un autre, egalement rempli dedifferentes espfeces de couleurs, doni Davy parle a la page 77 des Annales dechimir, vol. xcvi.