PREMIERE EPOQÜE. \ 65
l’animal, quisont en esset arrondis et trös-consistants. «Quelquesessais imparfaits, continue M. Lesson, que nous essayämes äbotd de notre vaisseau, sur la couleur de Ia janthine, nousprouverent qu’elle pourrait servil· de röactif pröcieux; car eilepasse tres-rapidement au rouge par les arides, et revient aubleu par les alcalis; par l’oxalate d’ammoniaque eile donne unprecipite bleu fonce, et par le nitrate d’argent une couleur decendre bleue tres-agreable, qui nous a fourni une tres-bonnenuance pourle dessin ä l’aquarelle. »
Les anciens connaissaient aussi l’usage de certaines plantespour teindre en pourpre. La teinture rouge ou violettevögölale parait ötre moins ancienne que la möme couleur, tiröedu regne animal. Celte dernifere, döja mentionnöe par Homere{Iliade , VI, 291; Odyssee, XV, 424), s’appelait aXiwjpcpupoq, pourla distinguer de la pourpre vegetale. Celle-ci venait particuliere-ment de la Lydie, de l’Arabie et meme de l’Inde, tandisque lapourpre animale ötait d’origine tyrienne ou sidonienne. 11 y avaitdes pecheries de pourpre non-seulement sur les bords de laMöditerranee, mais encore dans plusieurs endroits de la cöteAtlanlique de l’Europe et de l’Afrique (1).
Suivant Vitruve et Pline, on pröparait une pourpre vögötale{rouge, violet et rose fonce ) avec la garance {erythrodanum,Diosc,.)et avec une autre plante, appelöe hysginum (2).
« On fait, dit Vitruve, des couleurs pourpröes au moyen de lacraie de la racine de garance et de Vhysginum; de möme qu’onpeut, avec le suc de plusieurs fleurs et fruits, imiter toutes lesautres couleurs (3). »
On ne sait pas au juste qu’elle est l’espece de plante dösigneepar hysginum. On croit gdnöralement que c’est le pastel {isatis
(1) Voyez notre Phenicie dans I ’Univers pittoresque, Paris, 1862, p. 96.
(2) Les caracttires que llioscoride (in, 1 60) attribue it la plante qu’it appelle6po6p6ö*vov conviennent parfaifemeut ä ceux de notre rubia Unciorum. Celteplante etait cultivee dans la Carle, en Galilde, et ä Ravenne, en Italic. Lenom fratifais garance vient, de varantia on verantia, nom qu’on donnait, aumoyen äge, ä la racine du rubia Und., et qui signilie couleur rouge, ou vraiecouleur; a).r,8ivä ßoutTEi, dit Myrepsus (Salmasius ad Capitolini Macrinum,p. 169). — Ce tut au xvi c siede que Lemnius observa, pour Ia promiore Ibis, la co-loration des os au moyen de la garance {De miraculis occultis natura;; Colon 1 2 3 ,tA gripp., 1581., 8.)
(3) Fiunt purpurei colores infecta creta rubia; radice et hysgino. Vitruve,vii, 14.