PREMIEUE EPOQUE. 181
ii s’echauffer, on voitqu’elIes produisentunsouffle violent ( flatumvehementem efficiunt (1). » — Voilii le point de ddparl de 1’his-toire de la vapeur.
Vitruve, en confondant, dans Pexperience qu'il rapporte, lavapeur d’eau avec 1’air, demontre, par cela mdme, que 1’air estquelque chose de matdriel.
Le mdme auteur dit qu’aucun corps ne peut vivre sans air;que la matiere ne perit pas, qu’elle subit seulement des trans-formations, et que tout ce qui est d’air retourne dans Pespace (2).
Aux iddes des philosophes grecs sur la substance de Pair con-sidere comme ndeessaire a la respiration et a la combustion (3),nous pourrons joindre encore ce que Vitruve dit a propos de lamachine de Ctdsibius, qui dtait destinde a conduire 1’eau h unecertaine hautenr ( Ctesibiaca machina qux in altitudinem aquameducit ). L’auteur fait observer que Pon peut, a Paide de pistonsconvenablement appliques, dlever Pcau tres-haut, et que c’estl'air qui est la cause de cette elevalion, que des obturateurs ousoupapes s’opposent au retour de 1’eau elevde dans le bassin parla loree de Pair (qui obturantes foramina narium non patiunturexire id quod spiritu in catinum fuerit expressum (4).
Seizesiecles separent Vitruve de Torricelli, Pimmortel inven-teur du barometre! — Decidement le moyen age n’etait qu’unelongue lelhargie de Pesprit humain.
Les anciens avaient certainement quelques notions, quoiquctres-vagues, des corps aeriformes , appelds plus tard gaz, qui seddveloppent naturellement ou accidentellement. 6'est ce qu’at-lestent les expressions de spiritus, flatus, halitus, aura, emanationubila.
Galien dit que la flamine est un air enflamme (fkoi ar,p !xm>·pioOci«), et que le roseau brule, non parce qu’il est sec, mais]>arce qu’il conlient beaucoup d’air susceptible de s’enflam-mer (5).
(1) Vitruve, Archii., i, 0.
(2) Quxque deaere nascerentur,item in coeliregiones reverti. Vitruve, Praf.,lib. vni.
(3) Comiiar. page 7i).
(4) Vitruve, x, 12.
(5) Gal., de Simplic. medie. Jacuit., i, 14; t. xiii, edit. Cliartier. Ou trouve,(laus les oeuvres de saintC.emi ut d’Alexandrie, uujiassage tr&s-curieux qui doimeii croire que l'ou comiaissail roxrgene des les premiers siteles de notre ere.