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IlISTOIRE DE LA CIIIMIE.
En esset, on sait aujourd’hui que Ia prbscnce des subslances6lrangbres, et surtoutdu sei marin, peut retarder 1’bbullilion de1’eau de 2 ä 3 degrös du thermometre centigrade.
Les vasa stillicidia btaient, non pas des vases distillatoires,mais des vases argileux, laissanl l’eau suinler ä travcrs les poresd’une päte peu cuite. Ces vases se rencontrent encore aujourd’huien Orient, et notamment en Egypte. En Espagne on les appellealcarazas, et on s’en sert pour tenir l’eau fraiche en et6.
Les eaux troubles etaient clarifiees au moyen de filtres ( cola ),et on les faisait bouillir avec du blaue d’oeuf. La clari fication desliquides troubles, au moyen du blaue d’oeuf, est une pratique qui,remonte aux premiers siecles de l’ere chrötienne.
Les substane.es qui rendent l’eau trouble sont en general nonvolatiles; aussi reeonnait-on, comme l’observe Vitruve , la pu-retö des eaux lorsque, ayanl <5t6 röduitCs cn vapeur, elles nelaissent au fond du vase aucun sable ou limon,-et que les lögumesqu’on y sait bouillir cuisent promptement (1).
Ce depöt salin , dont les anciens connaissaient l’originc, tonten en ignorant la nature, sut plus lard regardö comme 1'essetdc la transmutatio» de l’eau en terre. Tant il est vrai qu’il sautpasser par l’erreuravant de reveni r aux idees qui s’etaient d’a-bord ofscrtes comme les plus simples et les plus naturelles !
Voici un chapitre de Vitruve (eh 3, 1. vm), aussi curieuxqu’inslructif, concernant les eaux miudralesct thermales. «Toutesles fontaines ehaudes ont, dit l’auteur, une vertu medicinale.Apres avoir 6te chauffees dans le sein de la terre, et pour ainsidire cuites dans les mineraux a travers lesquels elles passen!,ces eaux acquihrcnt une nouvelle force et un tont autre usageque l’eau commune. »
Apres avoir divise les sources thermales en sulfitrosi fontes,aluminosi et bituminosi , Vitruve parle des sources froides qui onttravcrse des couches de minerais de l'er (2), de plomb et decuivre, et il cite plusieurs endroitsoü l’on rencontre ces sources.
« 11 est ä croire, continue-t-il, que la nature differente du
(1) Vitruvi·, de drc/iil., vm, 5.
(2) Pline, xxxi, 8, dit : « La eile dc Tonares , dans les Gaules, posside unesource celeln· insignem fontem ), dont l’eau tont itincelante de bulles {pluri-mis bullis stellantem), a un goftt feriugincux. » Ce sont les eaux ile Spa,dont Ia connaissance remonte a une e|ioquc (ort reculie, puisque 1’line en parledijä conune d une source eilebre de son temps.