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Tome premier.
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DEUXIEME EP0QXJE. 383

1° II doit ötre silencieux, discret, et ne röveler ä personnele resultat de ses opörations. — N’oublions pas que noussommes au treizieme siticle. — Savez-vous pourquoi il dtaitbon de garder le secret de ces choses? «Farce que l’opöra-teur serait pris pour un faussaire, tourmente de mille fa^ons,et que son ceuvre reslerait inacheve. »

2" Un alchimiste doit habiter, loin des hommes, une maisonparticuliere, dans laquelle il y ait deux ou trois pikces, exclu-sivement destinees aux sublimations, aux Solutions et aux dis-tillations.

3° II laut qu’il choisisse bien le temps et les heures conve-nables de son travail;

4° Qu’il soit patient, assidu et persevdrant jusqu’ä la fln;

5° Qu’il execute, d'apr&s les regles de l’art, la trituration, laSublimation, la fixation, la calcination, la solution, la dislilla-tion et la coagulation ( solidification);

C° Que tous les vaisseaux dont il se serl soient en verre ouen poterie vernie ; car les liqueurs acides {aquse acutx) attaquentet detruisent les vaisseaux de cuivre, de fer et de plomb.

7° Il doit avoir de la fortune, afin de pouvoir acheter tout cequi est ndcessaire aux operations.

8° Ensin, il doit·, avant tout, öviter toute espece de rap-ports avec lgs princes et les grands : «Car si tu as, dit-il, lemalheur de t’introduire auprös d’eux, ils ne cesseronl pas dete demander : Eh bien, maitre, Comment va l’oeuvre? quandverrons-nous ensin quelque chose de bon ? — Et, dans leur impa-tience d’en attendre la fin, ils t’appelleront filou, vaurien, etc.,et te causeront toutes sortes de dösagrdments (1). Et si tu n’ar-rives pas ä bonne fin, tu ressentiras tout l’effet de leurcolere.Si tu y arrives, au contraire, ils te garderont ehez eux, dansune captivitö perpetuelle, dans l’intention de te faire travaillerä leur prosit. »

Cet avertissement, qu’Albert le Grand 6tait mieux que per-sonne ä meine de donner ä ses contemporains, nous ddpeintd’une maniere piquante les relations des alchimisles avec lesseigneurs au moyen äge.

L’auteur invoque, en faveur de la possibilitd de la transmu-

(t) Magister, quomodo succedit libi? Quando videbimus aliquid boni? Et nonvolentes expectaie finem operis, dicent, Nihil est, trullam esse, etc.