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HISTOIRE DE I.A ClIIMIE.
alchimistes. Nous ne le nientionnons ici que parcc qu’il a com-pose un ouvragc tres-remarquable, de Rerum proprietalibus,vulgairement connu sous le nom de Proprietaire (1). La Biblio-thöque impöriale de Paris possede plusieurs manuscrits, tres-eslimes, d’une traduclion franyaise du livre des Proprietes deschoses, falte en 1372, par ordre de Charles V, roi de France,(i Ce livre tut translatß, l’an de grace mil cccLXxir, par le cotn-mandement de tres-puissant et noble prince Charles, le quintde son nom, regnant en ce temps en France puissamment. Et letranslata son petit et humble chapelain, srere Jehan Corbechon,de 1'ordre de Saint-Auguslin, maislre en theologie de la grace etPromotion dudit seigneur tres-excellent. Amen (2). »
Ce livre frangais, qui parait preförablq au travail original,rcnferme un grand nornbre de documents precieux pour l’his-toire des arts et des Sciences au moyen äge. C’est une veritableencyclopedie : il y est question de Zoologie, de botanique , demdlecine, dechimie, de geographie, de mathömatiques, deinusique, etc. La partie qui concerneles mineraux et les metauxest assez fälble, et ne nous apprend rieti de nouveau. Voici ce quiest dit de l’or et du mercure :
« L ’or est mis au feu, il ne perd point de sa pesanleur et neapetise point; mais s’il y a d’ordure rnellö avecques l’or, eile s’endepart quand l’or sesond par la force du feu; et adonc l’or de-meure plus pur et plus der. »
C’est l’affmage de l’or par le plomb, procede connu depuislonglemps.
(i Le vis-argcnt, quand on le met au feu, se tourne en fumee,et cette fumöe nuist moult ä ceulx qui sont pres; car eile les faitparalitiques et trembler les membres, pour les nerfs qu’elle aamoillis. »
C’est la premiere description exacte qui alt etö faite des acci-dents auxquels peuvent donner lieu les vapeurs mercurielles.On s’etonne que l’auteur n’ait'pas en meme temps signalö lesdangers des vapeurs arsetiicales.
Barthelemy attribue au diamant des propridtes miraculeusescjui semblent expliquer pourquoi ce mineral a 6te de toultemps le plus bei orneinent de la toilette des femmes.
(1) Voyez Les manuscrits srancais de la ßibliotheque ruyale, etc., parM. Panlin Paris, t. i, p. 9.C1.
{?.) Mss. n° 6802, et n° 6869, Colb.