DEUXJEME EPOQt’E.
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suivant de la mesrae annde, sur les cinq heures du soir, que jetransmuay veritablement en quasi autant de pur or, meilleurtres-certainement que l’or commun , plus doux et plus ployable.Je le peux dire avec verite. Je l’ay parfaicle trois fois avec l’aydede Perrenelle, qui l’entendoit aussi bien que moy, pour m’avoii·avdeaux operations; etsans deute si elleeust voulu entreprendrede Ia parfaire seuie, eile en somit venue ä bout. J’en avois bienassez, la faisant une seuie fois; mais j’avois tres grande delec-tation de voir et contempler dans les vaisseaux les Oeuvres admi-rables de la nature.
« J’eus crainte un long temps que Perrenelle ne peust cacherla joye de la felicite extresme, que je mesurois par la mienne,et qu’elle ne Iaschast quelque parole ä ses parens des grandstresors que nous possedions; car I'extreme joye oste le sens,aussi bien que la gründe lristesse. Mais la bonte du tres-grandDieu ne m’avoit combl6 de celte seuie benediction , que de medonner une femme chaste et sage; eile estoit d’abondant non-seulement capable de raison, mais aussi de parfaire ce qui estoitraisonnable, et plus discrette et secrette que le commun desaulres femmes. Surtout eile estoit fort devotieuse; voilä pour-quoy, so voyant saus esperance d’enfans et desja bien avant surl’aage, eile commeruja tont de mesme que moy ä penser en Dieuet a vaquer aux Oeuvres de misericorde. Lorsque j’escrivois cecommentaire, en l’an 1413, apres le trespas de ma fidelle com-pagne , qne je regretteray lous les jours de ma vie, eile et moyavions desja fondd et reute quatorze hospitaux cn cette ville deParis, basli tout de neuf troischapelles, decord de grands donset bonnes reut es sept eglises, avec plusieurs reparations en leurscymelieres, untre ce que nous avions faiclä Boloigne, qui n’estguieres moins que ce que nous avons faict icy. Bastissant donc ceseglises, cymelieres et hospitaux en celte ville, je me resolus defaire peindre en Ia quatriesme arche du cymetiere des Innocens,cntrant par la grande porte de la ruc Saint-Denys, et prenant lamain droicle, les plus vrayes et essentielles marques de Part,sonbs neantmoins des volles et couvertures hieroglifiques, äl’imitalion de celles du livre dorö du Juif Abraham, pouvantrepresenter deux choses seien la capacite, premierement lesmysteres de nostre resurreclion future et indubifable, au jourdu jugemenl; puis apres encore pouvant signifier, a ceux quisont entendus en la philosophie naturelle, toutes les principales