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Tome premier.
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HISTOIBE DE LA CHIMIE.

semble nostre voyage, et de Leon passames ii Oviedo, et de la äSanson, oü nous nous mismes sur mer pourvenir en France.Nostre voyage avoit <5te assez heureux, et desja depuis que nousestions entres en ceroyaume, il m’avoit tres-veritablement in-terprete la plupart de mes ßgures oü jusques mesmes aux pointsil trouvoit de grands misteres, quand. arrivans a Orleans, cedoctehomme tombaextremementmalade, astligd de tres-grandsvomissements qui luy estoientrestez de ceux qu’il avoit souffertssur la mer. — Enfin il mourut sur la fin du septiesme jour desa maladie, dont je feus fort afflige; au mieux que je peus, je lefis enterrer en l’dglise Sainte-Croix ä Orleans, oü il repose en-core. Dieu aye son aine, car il mourut bon chrestien. Et certessi je ne suis empesche par la mort, je donneray ä cetle eglisequelques rentes, pour faire dire pour son ame tous les joursquelques messes.

« Qüi voudra voir l’estat de mon arrivee et la joye de Perre-nelle, qu’il nous contemple tous deux en cette ville de Paris,sur la porte de la chapelle Saint-Jacques de la Boucherie, ducoste et tout aupres de ma maison, oü nous sommes peints, moyrendant graces aux pieds de monsieur saint Jacques de Gallice,et Perrenelle ä ceux de monsieur saint Jean, qu’elle avoit si sou-vent invoquö. Entin, apres les longues erreurs de trois ans ouenviron, durant lequel temps je ne fis qu’estudier et travailler,priant tousjours Dieu, le chapelet en main, lisant tres-attenti-vement dans un livre, et pesant les mots des philosophes, elessayant puis apres les diverses operations que je m’imaginoispar leurs seuls mots, finalementje trouvay ce que je desirois,ce que je reconnus aussi tost par la senteur forte. Ayant cela,j’accomplis aisementle magistere; aussi s^achant la preparationdes premiers agens, suivant en apres ä la lettre mon livre, jen’eusse pu faillir, encore que je l’eusse voulu.

« Donc la premiere fois que.je fis la projection, ce Tust sur dumercure, dontj’en convertis demy livre ou environ en pur ar-gen! , meilleur que celuy de la miniere, comme j’ay essayd et.faictessaver par plusieurs fois. Ce fust le 17 de janvier, un lundy,environ midy, en ma maison, presenle Perrenelle seule, l’an dela restilution de l’humain lignagc 1582. Pit puis apres, en suivanttousiours de mot en mot mon livre, je la fis avec la pierre rouge,sur semblable qualite de mercure, en presence encore de Perre-nelle seule, en la qiesme maison, le vingt-cinquiesmejour d’avril