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« Le premier Ihre que j’eus, dit-il, fut Ras6s; j’employayquatreansde mon temps, et ine cousta bien huict cents escuz enl’esprouvant; et puys Geber, qui m’en cousta bien deux mille etplus, et tousjours avec gens qui me afflamboyent pour nie dö-truire. Je vis le livre d’Archelaus partroisans; laoiije trouvay unmoyne, hiy et moy labourasmes pendant trois ans et es Ihres deRupescissa, et avec eau-de-vie rectifiee trente fois sur la lye;taut que, en mon Dien , nous la fismes si körte, que nous ne pou-vions trouver verre qui la souffrist pour en besoigner, et.y des-pendismes bien trois cents escuz. Apres que je eu passd douze ouquinze ans ainsi, et que je eu tank despendu et rien trouve, etque je eu expei imente infinies receptes et de toutes manieres desetz, en dissolvant et congelant, comme sei commun, sei armo-niac, sei sarrasyn, sei metallique, en dissoluant et congelant,et calcinant plus de cent foys par bien deux ans, en aluns deröche, de glace, de plurne, en toutes marchasites, en sang, encheveulx, en urine, en fiente d’homme, en sperme, en animaulxet vegetaulx, et apres en couperoses, en atraments, en oeusz, enseparations des elemens, en athanor, et par alembics et pellican,par circulation, par decoction, par reverberation, par ascensionet descension, fusion, ignition, elemenlation, rectification,evapovation, conjunction , elevation, Sublimation, et par infinizautres regimes sophistiques. Et y fuz en toutes ces operationsbien douze ans; tellemenl que j’avoys bien trente-huict ans quej’esloys apres l’extraction du mercure des herbes es animaulx,taut que j’y despendy environ six mille escuz. »
Bernard raconte ensuite, sur un ton piteux et lamentable,Comment il passa une vingtaine d’annees ä calciner des coquillesd’ceufs, ä chauffer la couperose avec le vinaigre, ä dissoudre 1'ar-gen! dans l’eau-sorte, etc., sans obtenir aucun rdsultat. « Ainsi.je delaissoy tont; car tous mes parens me blamoyent et tourmen-toyent tant, que je ne pouv'oys boyre ne manger; et je devins simaigre et si dessigure, que tont le monde cuydoit que je küsseempoysonne. Et j’avoys plus de cinquante-huict ans! Helas! jene besoignois pas en drohte voye. »
Enfin, il se mit L voyager pour voir si la pierre philosophalene se trouveraitpascachee dans quelque coin eloigne du monde.
« Et si avions vu tant de blanchissemens et rubifications, dereceptes, de sophisticalions par tant de pa'is : tant en Borne,Navarrc, Escosse, Turquic, Grece, Alexandrie, Rarbarie, Perse,