Band 
Tome premier.
Seite
498
JPEG-Download
 

498

HISTOIRE T)E LA CHIMIE.

tion contre « les faux monnayeurs, les rogneurs et les expositai-res >,. Cet exemple fut suivi en 1320 par Jean XXII pour Charlesle Bei; en 1349, par Cl£inent VI, pour Philippe de Valois; et en1883, par Gr4goire XIII, pour Henri III.

Ainsi donc, le faux monnayage ßtait on ne peut plus sevöre-ment puni. C’etait, en esset, le devoir des souverains de veilieräla sicuritö de la fortune publique. Mais ces souverains eux-memes 6taient loin de pröcher d’exemple : ils röservaient poureux ce qu’ils döfendaient aux autres.

Le procede de falsistcation le plus commun consistait dansl’abaissement du titre. A cet egard les rois dtaient de connivenceavec les maltres des monnaies. « Sur le serment que vous avezfait au roy, dit Philippe de Valois dans une ordonnance de 1330,tenez celte chose secrete le mieux que vous pourrez. Si aucundemande 4 combien les blancs sont de loy, feignez qu’ils sontä six deniers (1). »

Pendant la captivitd du roi Jean, le dauphin Charles (plustard Charles V) 6tait regent du royaunie. Ce prince, au milieudes ddsastres qui accablaient alors la France, eut recours ä l’al-töration des monnaies, remede pire que le mal. L’ordonnartcedatüe de Melun, le 27 juin 1360 porte : « Et soyez curieux etvigilants, qu’iceux blancs deniers soient bien ouvrez , bienblanchis et bien monoyes; par quoy ils en soient plus plaisantsau peuple (2). »

Cependant, quelques annöes auparavant, le roi Jean s’dtait en-gage, par une ordonnance donn6e ä Paris, le 28 ddcembre 1353,k ritablir le titre des monnaies : « Pour ce que par clameur denos peuples il est venu ä notre connoissance qu’ils ont ete gre-vez et travaillez plus que nous voulsissions, — pour la grandecompassion et pitiö que nous avons des griels qu’ils ont souffertsä cause de nos guerres, leur avons promis et accordd que nouset nos successeurs roys ferons d’oresnavant perpdluellementbonne monnoye et stable en notre royaume, etc. (3). »

Soixante aus auparavant, Philippe le Bei s’dtait publiquementavoue coupable de faux monnayage, en promettant solennelle-ment de reparer sa saute. « Le roy staut ä Paris, ayant affoiblyles monnoyes en poids et loy, esperant encore les affoiblir pour

(1) J. Boizani, TraiU des monnoyes, p. 298.

(2) lbiil., p. 299.

(3) Ibiii., p. 68.