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Tome premier.
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DETJXIEME EPOQUE. 499

subvenir ä ses affaires, et connoissant estre Charge en consciencedu dommage qu’il avoit fait et feroit porter ä la rdpubliquepour raison de cet affoiblissemenl, le roy s’oblige, par charteauthentique, au peuple de sonroyaume que, sesaffaires passies,il remettra la monnoye en bon ordre et valeur, ä ses proprescousts et depens, etc. » (Ordonnance du mois de mai 1295) (1).

Les rois de France n’etaient pas les seuls ä falsifier la mon-naie. Les autres souverains de l’Europe en faisaient autant.

Pour juger du degre d’altiration des monnaies par I’abaisse-ment du titre, il fallait des moyens chimiques appropries ä cebut. Les orfivres analysaient l’argent ä la raclure ou ä Vechoppe;ils faisaient les essais d’oravec la pierre de touche ou les tou-chaux. Pour essayer une mallere d’argent, ils en tiraient de pe-tits morceaux d’un ä deux grains, ä l’aide d’un espece de bu-rin appele echoppe; ils les mettaient sur des charbons ardents,et ils jugeaient, par la blancheur du mital, du degre de sa pu-reti. Quant ä l’essai des matteres d’or, les orfövres se servaientde la pierre de touche. ou de petits echantillons d’or de diffe-rents lilres d’avance connus, appelis touchaux. Apres avoir trottela mattere souniise ä l’essai successivement sur la pierre et surles touchaux, ils jugeaient du titre de l’or par celui du touchauqui paraissait en approcher le plus. Ce moyen expeditif, connudepuis longtemps, est encore pratiqud aujourd’hui.

Mais ces procödes, bons en orfevrerie, n’offraientpasassezdegarantie pour 6tre introduits dans les hötels des monnaies. Lacoupellalion, d<ijä mentionnee par les auteurs anciens (2), par-faitement döcrite par Geber (3), etait alors gdnöralement enusage dans les monnaies de l’Europe. L’ordonnance de Fannie1343, de Philippe de Valois, en parle en termes tres-pricis (4).« Les covpelles, y est-il dit, sont de petits vaisseaux plats et peucreux, composez de cendres de sarment et d’os de pieds demouton calcinez et bien lessivez ; pour en siparer les sels quiferoient pitiller la mattere de l’essay, on bat bien le tont en-semble , et apres cela on met, dans l’endroit ou l’on a fait lecreux, une goutte de liqueur qui n’est autre chose que de l’eau

(1) Boizard, Tratte des monnoyes, p. 67.

(2) Voy. p. 54 et 125.

(3) Voy. p. 336.

(4) C’est ä tort que l’on reporte ä cetle date l’oiigine infime de la coupel-lation.

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