IIISTOIRE DE LA CI11M1E.
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voyons-nous employer mille moyens ddtournes pour Irailerl’objet de sa prddilection.
Ainsi, dans le livre Sur Vari culinaire, il Irouve moyen deglisser une recette pour faire que les convives ne puissent rienavaler. Celte recette consistait a faire digdrer dans du vin desracines de belladone(l) pulverisees, et d’en donner L boire troisheures avant le repas. Le principe vdndneux de celte piante, quitrourait dans le vin tout L Ia fois un dissolvant aqueux et alcoo-lique, devail en esset, comme beaucoup d’aulres poisons , pro-duire une constriction violente du pharynx, et empecher ainsila deglutition; mais, L haute dose , ce vin devait faire plus qued’empecher « les convives de ne rien avaler » ; il devait les con-duire direclement de la tabi e au lombeau. Porta se gai'de bien dedire ici le fond de sa pensee.
Dans ce meine Traitd culinaire (de Re coquinaria ) il s’etend sin-gulierementsur 1’usage des plantes de lafamille dessolandes(jus-quiame, strarnoine, belladone), de la noix vomique, de 1’aconit,de la staphysaigre, du bois gentil, de diffdrentes espöces d’apo-cynees, etc. L’auteur a-t-il voulu donner ä entendre que les cui-siniers et les empoisonneurs sont de la möme famille?
Dans le Traitd de 1’oiseleur {de Aucupio) (2), il indique ungrand nombre de moyens propres ii empoisonner les animaux.Parmi ces moyens il y en avait un qui, ä cause de son action vio-lente, avait reyu le nom de « poison de loup » {lupinum vene-num)', c’etait un mdlange de feuilles d’aconit tue-loup {Aconi-tum lycoclonum), d’if, deverre pile, de chaux vive, d’arsenicjaune, d’amandes amöres, et de quanti Id süffisante de miel pourfaire des pilules de la grösseur d’une aveline. L’auteur aurait puajouter que ces pilules pouvaient tuer des hoinmes aussi bien quedes loups.
Enfin, dans le livre qui traite des « experiences de müdecine »{de medicis experimentis ), l’auteur faitconnaitrele moyen d'ad-ministrer un poison pendant le sommeil. Ce moyen consistait Lenfermer dans une boile de plomb bien dose un rnelange de sucde eigne, de semences derasdes de strarnoine, de fruits de bel-ladone et d’opium ; on devait laisser ces substances fermenter
(1) Herba, belladona vocata. l)e re coquinaria. Magia nahn·., lib. xiv.
(2) Mag. nat., lib. xv, p. 244 (edit Neapul., 1580 )