TAOISIEME EPOÜCK.
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Voici une experience de Van-Helmont, qui clait destinee äprouver que le gaz du charbon n’est autre chose que de 1’eau.Elie est interessante au point de vue philosophique, car eilemontrecombien nous devons etre prudents dans nos deduclions.
Ayant fait voir que le bois donne, par la dislillation , un corpsliquide et limpide comme de l’eau, l’auleur s’attache a demon-trer que les plantes ne se nourrissent que d’eau. «Je mis, dit-il,dans nn vase d’argile deux cenis livres de terre (vdgdtale) sechieau four, et j’y plantai une tige de sanie pesant cinq livres. Aubout de cinq aus, le sanie, ayant pris de l’accroissement, pesaitCent soixante-neus livres et environ trois onces. Le vase n’avaitjamais 6t6 arrose qu’avec de 1’eau de pluie ou de 1’eau distillee,ettoutes les fois qu’il etait nöcessaire. Le vase dtait large et en-foui dans la terre; et, asm de le meltre a l’abri de la poussifere,je le recouvris de lames de fer etamees, percees d’un grandnombre de trous.... Je n’ai point pese les feuiiles tombees pen-dant les quatre automnes precedents.... Enfin, je fis de nouveaudessecher la terre que renfermait le vase, et je lui trouvai le meinepoids que primitivement (deux cents livres), moins deux oncesenviron. Donc , 1’eau seule a suffi pour donner naissance ä centsoixante-quatre livres de bois, d’ecorce et de racine ( libra! ergoclxiv ligni , corticum et radicum ex sola aqua surrexerunt) (1). »
Voila une expdrience qui temoigne certes d’une rare sagacit6.La balancey joue dejä un role capital, bien que cet Instrument soitencore fort eloigne du degre de precision qu’il devait atteindrepar la suite. La conclusion de 1’auleur en trama! t la conviclion detous les savants de soti epoque : on n’y trouvait' rien ä objecter.Et, abstraction faile de Ia legere diminution de poids de la terrevegitale que Van-Helmont aurait pu expliquer par 1’absorptiondes sels qui se retrouvent dans les cendres, il aurait 6te en essetimpossible d’y trouver rien h redire. Aucun contemporain nepou-vait — ce qui nous est permis aujourd’hui — reprocher ä Van-Hel-mont d’avoir tire de cette experience une conclusion erronee, ennegligeant l’action de fair dans la Vegetation : un voile dpais dero-bait encore ä la connaissance de 1’homme 1’oxygene, 1’azote, l’a-cide carbonique de l’atmosphere, la respiralion des plantes;c^taient lä des decouvertes reservees a 1’avenir. La conclusion deVan-Helmont, que nous venons de reproduirc, est donc une
(1) Ortus med., p. iis.