TROISIEME EPOQUE. 167
mier abord, s’explique trfes-bien quandon serappelle que l’anti-moine ( dont le chlorure est ici employö pour la prüparation dumenstruiern peracutum) est, ainsi que Por, presque constammentargentiföre. Les alchimistes, fascinös par le prestige du merveil-Ieux, n’admettaient pas cette explication; l’cxpericnce de Boylene servil, au contraire, qu’ä faire reprendre de plus belle larecherche de la pierre philosopliale.
Le chapitre sur les couleurs ( experiments and observationsupon colours) conlient des documents d’un grand intßrel pourl’histoire de la chimie (1). On y trouve , entre autres, pour lapremiüre fois, l’emploi du sirop de violettes proposö pour re-connaitre si une substance est acide ou alcaline. « C’est la , ditl’auteur, un caractere constant; le sirop de violettes est rougi parles acides et verdi par les alcalis. »
Ce riactif devint depuis lors d’un usage universel.
Boyle s’assura, par de nombreuses experiences, que les sucscolores des vegßtaux prennent des teintes diverses sous l’in-fluence des acides et des alcalis. II n’ignorail pas Interventionde l’air dans un grand nombre de plienomenes de coloration.« Beaucoup de couleurs, dit-il, sont inslctbles; elles changent,et prennent des nuances variees; et cela provient de l’iniluencede l’air. »
Le chlorure d’argent noircit au contact de la lumiere. Boyleattribuait ce phenonröne L l’action de l’air.
L’action des acides et de certains sels mötalliques sur les huilesessentielles avait particuliferement attirc son attention. . « Unetres-petile quantilö d'huile essentielle d’anis conorete donne ,dit-il, avec l’huilede vitriol une couleur rouge de sang. Le sucrede plomb (sous-ac6tate de plomb) communique ä Pessencede terebentbineavec laquelle on l’afait digörer, une teinte rouge.C’est probablement un bon remfede (2). »
L’auteur termine le chapitre Sur les couleurs , par cette re-flexion d’une touchante modestie : «Je n’essaie de bätir aueunethöorie sur les observations et les experiences que je viens decommuniquer; je laisse ce soin aux observateurs L venir. »
Dans le remarquable travail oü Boyle examine les causes m6-caniques des precipitös (the mechanical causes of precipilation ),
(1) V°l. u (Philosophical works), p. 1-105.
(2) Experiments and observations upon colours, vol. ii, p. 78.