Band 
Tome second.
Seite
166
JPEG-Download
 

's 66

HISTOIHE DE LA CI1IMIE.

« 11 y a, dit-il, une mattere universelle, commune ii tous lescorps, en tant que substance dtendue, divisible et impendtrable.Cette mattere ötant une d’apres sa nature, la diversite des corpsdoit nicessairement provenir d’une autre cause; et comme dans *la mattere en repos il n’y a pas de cbangement, il faul itecessaire-ment admettre uti principe de mouvement et une tendance aumouvemenl. L’origine du mouvement dans' la mattere, ainsi queles lois d’aprös lesquelles il s’opere, et qui donnent au monde saforme actuelle, cterivent de ßieu (1). »

Sans doute tout ce qui est vient del’ßtre supreme, ety retourne.Mais la Science ne ferait jamais de progres, si, pour rdsoudre unProbleme difficile, il sufiisait de prononcer le nom de Dieu.L’intelligence nous a ete donnee pour en faire »sage, en nteditantsur les Oeuvres de la creation et en interrogeant l’experience. G’estplus que blasphemer le Createur, que de laisser dans l’inactionles facultes dont il nous a douds. Aussi le travail est-il lameilleure des prieres. Orat qui laborat est un adage fort ancien.

Boyle est loin de combattre la possibilitö de la transmutaliondes irtetaux. Il .semblerait nteme admettre que les mdtaux secomposent d’une mattere universelle, commune ä tous les corps,et qu’ils ne different entre eux que par le poids, la forme, lastructure, etc. Cette proposition hardie, il essaiede la dömontrerpar l’experience suivante : «'Je iis, dit-il, nvec l’huile rectifiee dubeurre d’antimoine (acide chlorbydrique) et l’esprit de nilre, unmenstrue tres-acide ( menstruum, peniculum ), propre l\ dissoudreles corpuscules de l’or; ensuite je iis l'ondre une cerlaine quan-tite d’or avec 3 ou 4 Ibis son poids de cuivre; cet alliage fut dis-sous dans de l’eau-forte, de maniere que tout l’or se cteposa sousforme de poudre. Celte poudre, ayant 6te fondue en un pelit cu~lot, fut traitde par une. grande quanli le de menstruum peracutum,ou eile se dissolvait lentement. Enfin, il resta an fund de la li-queur un ctepot considerable d’une poudre blanche, insolubledans l’eau regale. Cette poudre, fondue avec du borax ou toutautre flux convenable, donna naissance un metal rnallöable etblaue comme de l’argent; ensln il fuL 6labli, par sa dissolutiondans l’eau-forte , que c’etait de l’argent veritable (2). »

Cette experience, dont le resultat parait fort surprenant au pre-

ll) The origin of forms, elc., vol. i, p. 197.(2) Formsand qnalilies, vol. >, p. 260.