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Tome second.
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IirSTOIRE I)E LA CII IMI E.

travaux et aux elTorls constanls de ces societis que l’on doit lavulgarisation de la methode experimentale. Gelle mdthode ,qui separe d’une maniire si nette le moyen ;\ge des tenips mo-dernes, est elle-meme tonte une revolutiou. Mais il est arriveici ce qui ctait arrive ailleurs : en reagissant contre 1’ile-ment intellectuel, on s’ecartait plus d’une fois de la voie dela verite. Trouver des falls , encore des faits, toujovrs des faits, voi-li, en quelque sorte, le mot d’ordre, de presque toutes les so-ciiles savantes, depuis leur origine jusqu'ä nos j.ours. C’elaitune protestation energique contre le passe, on 1’on mettait1’autoritc des paroles dequelques maitres au-dessus de celle de1’experience. Arriere les theories, vivent les faits! Voila le crigeneral. Nous nousy associons volontiers; ii une condi lionpour-tant, c’est que les faits soicnl lies enlre eux par le raisonnc-ment, qui corrige les erreurs de nos sens et nous conduitainsi aiix lois universelles, qui effacent les conditions de Ges-pane et du temps. II n’y a, dit-on, rien de plus brutal qu’unfait pour cntraver les speculations du theoricien. Cola estineontesiahle; mais il ne laut pas non plus oublier qu’il n’ya rien de plus stupide qu’un fait isole, qui, tel qu’il est souventpresente, ne se rat lache ä nucune cause connue. II laut doncconcilier 1’ inclividualisation des faits avec lcur (jeneralisalion,par l’emploi pondere dece double oulillage qu’on appelle senset inteliigence. Lä est l’avcnirde la Science.

L’idie de ces associations qui se proposent de travaillcren commun aux progris des cqnnaissances humaines rcmonleä la plus haute antiquite, et eile s’est reproduite dans tousles temps. Aous avons vii les prelres de l’ligypte ctahlir leurslahoratoires dans les temples, et y pratiquer Gart sacr6. l*y-thagore et Platon avaient emprunle h ces maitres l’esprit d’as-sociation qui animail toutes les grandes ecoles philosophiques dela sirecc. Plus tard, les alchimistes, imitant les pretrcs de The-bes et dc Memphis, se reunissaienl dans les temples ehrctienspour se communiquer rcciproquemenl leurs iddcs on leursddcouvcrtCS. G’etait la llidorie, c’elait l’dlcmcnt spiculatis quiGemportait ici en s’eloignanl de l’elemcnt experimental. Maishienlöl l’espril humain, obiissanl eil quelque sortc ii la loi uni-verselle du pendule, fera, pour ainsi ihre, uneexcursion en senscontraire : il inclincra visiblcinent vers le domaine de l’ohser-vation.