TBOISliME EPOQUE. 279
espöce peut s’appeler iatrochymia, qui signifie mödecine chi-mique et qui n’a pour but que J’opöration, ä laquelle toutefoiseile ne peut parvenir que par le moyen de la chimie contempla-tive et scientiflque. La troisieme espece s’appelle chymie phar-maceutique, qui n’a pour but que 1'Operation, puisque l’apothi-caire ne doit travailler que selon les preceptes et sous la direc-tion des iatrochimistes, et dont nous avons le vdritable modaleen la personne de Rl. Vallot, choisi par Sa Majeste Tres-Chretiennepour son premier medecin, qui possede tres-eminemment latheorie et la pratique des trois chimies que nous avons de-crites(-l). »
C’est ce meme M. Vallot, mödecin de Louis XIV, qui avaitnomme Lefebvre dömonstrateur de chimie, et auquel celui-cidedia la 2° edition de son Traitd.
Selontoute apparence, Lefebvre empruntaä Vallot, son pro-tecteur et professeur de chimie theorique et philosophique, lesgönöralites sysldmaliques qui se trouvent en töte de son ouvrage.Ces emprunts paraissent etre textuels.
Voici Comment ils’exprime, entre autres,surla naturede Vesprituniversel, dont parlent les alchimistes : « Leite substance spiri-tuelle , qui est la premiere et l’unique semence de toutes choses,a trois substances distinctes et non differentes en soi-möme, careile est homogene; mais parce qu’il se trouve eu eile un chaud,un humide et un sec, et que tous trois sont dislincts entre eux',et non pas differenls, nous disons que les trois ne sont qu’uneessenee et une möme substance radicale; autrement, comme lanature est une, simple et homogene, il ne se trouverait cepen-danten la nature rienquifüt un, simple et homogene, parce queles principes söminaux de ses substances seraient heterogenes,ce qui ne peut etre ä cause des grands inconvönients qui s’ensui-vraient; car, si le chaud ötait difförent de l’humide, ilne pourraiten etre nourri, comme il le nourrit ndcessairement, parce quela nourriture ne se fait pas de choses differentes, mais de chosesseniblables.
« Concluons donc que cette substance radicale et fondamen-tale de toutes les choses est vöritable, unique en essence, maisqu’elle est triple en nomination; car, ä raison de son feu naturel,eile est appelöe soufre; ä raison de son humide, qui est le propre
(1) Traite de chimie, 5' <Mit. (1751), 1.1, p. 5 .