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HIST0IHE DE LA CI1IMIE.
aliment du feu, eile est nomm6e mercure; eniin, ä raison de cesec radical qui est le ciment et la liaison de cet humide et de cefeu, on l’appelle sei. »
Quel devait etre l’embarras du ddmonstrateur appeld ä con-firmer, par des expiriences de laboratoire, ces theories nua-geuses, lieux communs des alchimistes et des physiciens scolas-tiques !
Quant ä ce qui concerne les manipulations et la descriptionexacte des ditails de pbarmacie, le ddmonstrateur 6tait pass£maitre : il parle lä 6videmment de son propre fonds. On voitqu’il est sur son viritable terrain.
Rien n’est plus precis que les instructions qu’il donne aux phar-maciens qui veulent excreer leur profession aveo conscience, lespröceptes qu’il leur communique surlechoix des vaisseaux, sur1’application des differents degr6s de la cbaleur, sur la distilla-tion, et surtout sur la prdparation des sirops.
«II faul, dit-il, que, quand les apolhicaires cuiront des siropsde fleurs odorantes, on ne sente point leurs boutiques de trois ouquatre cents pas, ce qui tömoigne la perte de la vertu essentielledes parties volatiles des fleurs et desicorces odorantes; si ce n’estque ces apothicaires veuillent faire sentir leurs boutiques de bienloin par une vaine politique, qui neanmoins est trös-dangereuseet trös-dommageable L la societd (1). »
Lefebvre a un despremiers signald et faitressortir 1’importancedu fält des Solutions saiurees. II cite comme exemple le sei com-mun : « Prenez, dit-il, quatre onces de sei ordinaire, faites-Iesdissoudre dans huit onces d’eau commune L chaud, et vous ver-rez que 1’eau ne se chargera que de trois onces de ce sei , etqu’elle laissera la quatriöme, quoique vous fassiez bouillir 1’eauet que vous 1’agitiez aveo le sei (2). »
II applique ce fait ä tous les dissolvants (menstrues) en g6n6-ral, et se resume ainsi : « Lorsque le menstrue est ainsi saoul6 etrempli, soit L froid ou 1 chaud, il est impossible ä 1’art de lui enfaire prendre davantage, parce qu’il est chargd selon lepoids denature, qu’on ne peut outre-passer, si on ne veut tout gdter. » —Et il cite ici avec ä propos ces vers d’Horace :
Est modus in rebus, sunt certi denique fines,
Quos ultra citraque nequit consistere rectum.
(1) Traiiedechimte, 5 e dilit. (1751), 1.1, p.3Gi.
(2) Ibid., t. I, p. 381.