Band 
Tome second.
Seite
307
JPEG-Download
 

TR0IS1EME EPOOUE.

307

(i On connait quatre mines de fer dans le district de Charcas.On lesnöglige, pour ne s’attacher qu’k l’argent. Les pierres desminerais de fer sont aussi dures et aussi pesantes que nos balles.Les Indiens cn mettaient dans leurs frondes, qui etaient an-ciennement leurs principales armes; e’est l’unique usage qu’ilsfaisaient du fer. (1) «

Ce minerai paraissait etre du fer presque pur. G’est proba-blement de ces globes de fer natif dont on avait connaissancedans l’antiquite, et qui servaient quelquefois de prix dans lesjeux des heros de la Grece.

Presque toutes les mines d’argent, au Perou comme ailleurs ,contiennent du plomb. « A Sibicos, pres de Potosi, il y a unemine de plomb qui contient un peu d’argent. On ne peut pastraiter par le mercure les mines de plomb argentiföre; il les sauttravailler par la fönte; : e’est pourquoi on tire si peu de probt dela riebe mine d’Andecaba (2). »

Les mines d’etain sont assez rares au Perou; il y en avait ce-pendant cinq dans le district de Charcas; l’une d’elles avait eteexploitee dutemps des Incas (3).

Les mines d’argent du P6rou ont consomme des quantites pi>o-digieuses de mercure, depuis l’adoption du procöde d’amalga-mation. Ce procöde offrait de grands avantages ä Cot6 de grandsinconvdiients; ceux-ci venaient principalement de la perteconsidürable du mercure dont le prix allait en augmentant.Barba fournit la-dessus des documents curieux.

« L’usage du mercure, dit-il, ötail rare , et on enconsommaitpeu avanl ce siede d’argent. On ne s’en servait qu’en des compo-sitions pharmaceutiques dont on pouvait tres-bien se passer,tellcs que le sublimd, le cinabre, leprecipite rouge, etc. Mais, de-puis que par le moyen du mercure on separe l’argent des mine-rais moulus en farine, la quantitd de ce metal qu’on emploie äcette Operation est presque incroyable. Si l’argent qu’on a tiredes mines du Pörou a rempli l’univers de richesses, on a perduou employe du moins une fois autant de mercure; de teile feqonqu’encore aujourd’hui (vers l’annee 1610) celui qui travaille lemieux consomme le double de mercure dece qu’il peut tirerd’argent, et il est rare qu’il ne s’en perde pas davantage. On a

(1) EI arte de los »letales, etc., c. \\\.

(2) Jbid., c. xxxi.

(3) Jbid., liv. I, c. xxxii.

20.