TH01S1EME irOÜUE.
521
Cependant Lavoisier ne tarda pas ä s’apercevoir combienl’analogie peut 6tre trompeuse. 11 comprit donc la ndcessitd derenouveler ses experiences et d’y apporter le plus grand soin.A cet esset, il Üt construire deux eaisses pneumatiques, doutl'une devait fournir l’oxygene et l’autre l’hydrogöne en assezgrande quantitö pour qu’on püt continuer plus longtemps lacombustion; des tuyaux ä robinet permettaient de conduire avolontö les deux gaz; ils s’appliquaient exactement ä la tubu-lure superieure de la cloche oü devait se faire l’expürience.
Leite expirience fut falte le 24 juin 1783 par Lavoisier, assistede La Place, en presence de Le Roi, de Van der Monde, deplusieurs autres academiciens, et de Blagden. «Ce dernier nousapprit, dit Lavoisier, que M. Cavendish avait döjä essayd, LLondres, de brüler de l’air inflammable dans des vaisseauxfermes et qu’il avait obtenu une quantitd d’eau tres-sensible. »Mais, pour le rappeler, Cavendish ne lut son m6moire oü ilrendait compte de ses experiences ä la Societe royale de Lon-dres, qu’en 1784, tandis que Lavoisier avait lu le sien ä l’Aca-demie des Sciences de Paris, en 1783. Cela tranche la questionde priorit6 dvidemment en faveur du chimiste franpais.
Le resultat de Pexperience solenneile, dücrite par Lavoisier,ne devait pas ötre douteux. « L’eau oblenue, soumise ä toutesles epreuves qu’on put imaginer, parut aussi pure que l’eaudislillde : eile ne rougissait nullement la teinture de tourne-sol; eile ne verdissait pas le sirop de violette; eile ne preci-pitait pas l’eau de chaux; enßn, par tous les reactifs connus,on ne put y dßcouvrir le moindre indice de melange (1). »Lavoisier et La Place rendirent compte de leur experience al’Academie le lendemain 25 juin, et ils en conclurent avec justeraison que l’enu n’csl point un element, mais qu'elle est composeed’air inflammable el d’air vital.
Monge s’etait, vers la meme epoque, occupß du meme sujet.Il trouva que le poids de l’eau pure, obtenue par la combustionde l’hydrogene et de l’oxygfene, est, ii tres-peu dechose pres,egal a celui des deux gaz employes.
Apres avoir montre la compo^ition de l’eau par la Synthese,
(I) Siemoire , dans lequel on a pour objet deprouver que l’eau n’est pointune subslance simple , mais qu’elle est susceptible de ddcomposition et derecomposition; rdimprime dans le t. II des Gtuvres de Lavoisier. p 334 et suiv.