HISTOIBJä DE LA CHEMIE.
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sur la composition des m6taux, soitavec la theorie des affinilesconsequentes a la loi de 1’attraction (1). »
Voilk bien le langage d’un conservateur juste-milieu, quicherche L concilier ce qui est inconciliable ! En prenant l’air fixepour l’air inflammable, l’acide carbonique pour PoxygSne, Mor-veau partait d’une erreur radicale pour concilier la theorie deStahI avec celle de Lavoisier.
La grande pierre d’achoppement, c’etait l’augmentation dupoids des m6tauxpar la calcination. Aussi Morveau, et avant lui,Venet, ont voulu l'un et l’autre expliquer le phinomfene de cetteauginentation, en privant le phlogistique de toute pesanteur.Venet soutenait, dds 1774, l’id6e que la presence ou 1’absence duphlogistique etait la cause du ph^nomene qui nous etonne : « Lephlogistique, disait-il, ne pese pas vers le centre de la terre, iltendis’eiever; de 1& 1’augmentation de poids dans les chaux md-talliques; de IL la diminution de ce mfime poids dans leur re-duction. » — Venet communiqua son idde a Bayen, qui lui fitbeaucoup d’objections; mais il n’en tint aucun compte (2).
De son c6t6, Morveau persislait, malgrd ce qu’on pouvait luiobjecter, h dtablir que «la prdsence ou 1’absence du phlogistiqueest la vdritable cause de la diminution ou de 1’augmentation descorps susceptibles de se combiner avec lui ». Cependant il n’h6-sita point L faire, pendant 1’hiver 1786, le voyage de Dijon a Pa-ris pour voir r6p6ter et r6p6ter lui-rneme les exp6riences deLavoisier, surtout celles de la combustion du charbon dans l’o-xygtzne, et pour discuter les preuves de la ddcomposilion etrecomposition de l’eau. Il sortit de cette 6preuve bien persuad6de Finsulfisance de 1’hypolhdse du phlogistique et de la supe-rioritd de la doctrine pneumatique.
Un des meilleurs disciples de Lavoisier, Bertholiet, n’aban-donna enliferement la thdorie du phlogistique qu’enl758. Cefut leGavril de la mGme anndc, la s6ance publique de 1’Acadd-rriie, qu’il exposa les motifs qui le forQaient a y renoncer. «Les ex-p6riences importantes, dit-il, par lesquelles on venait de deter-miner la nature de l’eau, et 1’application curieuse qu’en avaitfaite M. de la Place a la production du gaz inflammable par la
( 1 ) Guyton Morveau, Conciliation des principes dc Stahl avec les expdriencesmodernes sur Cau\/u'e,M6moireins(ir6<lansle Journal de phy sic/ue, enmai 1770.
( 2 ) Bayen, Opuscules chimiques, t. 1, p. 251, en note.