HISTUIHE DE I.A CIIUIIE.
remontaillc Nil, ii ötaitexpose au feu de l’ennemi pendant loutela dur6e de la navigation. Comme on lui voyait les pochespleines de pierres, et qu’on lui en demandait lacause : « C’estafin, disait-il, que je reste au fond de l’eau, si je suis tue. » A larövolte du Caire, l’Institut, assi6g6 par des bandes nombreuses,lut sauv6, en partie, par la fermet6 de Berthollet; les livres, lesInstruments, etc., demeurerent intacts jusqu’ä l’arrivee du gb-neral qui fit cesser le danger. Pendant que la Commissionscientifique se dirigeait vers la haute Egypte, le general Bona-parte fit volle pour la France, emmenant avec lui les deux sa-vants dont il ne pouvait se s6parer. Hendu ä l’Instilut de France,Berthollet repril le cours de ses travaux. Retire ä sa maison deCampagne d’Arcueil, il parlageait son temps entre son labora-toire, sa bibliotheque et une serre, qui lui servait de salon, oü ilaimait ä recevoir ses amis. Plein de goüt pour les beaux-arts, ilavait fait d^corer son cabinet ä l’ögyptienne, et peindre au pla-fond le zodiaque de Denderah. Les savants les plus celebresd’alors venaient le visiler dans cette agröable retraite; Davy etWollaston etaienl de ce nombre. Le premier de ces visiteurs atracö de Berthollet le curieux portrait que voici : « Berthollet0tait un homme trhs-aimable. Ami de Napolöon, il 6tait hon,conciliant, modeste et franc. Son caractere n’avait rien de hau-tain; inlerieur ä Laplace comrne puissance intellectuelle, il lui6tait supirieur par ses qualites morales. Berthollet n’avait au-cune apparence d’un homme de genie; mais on ne pouvait pasregarder la pliysionomie de Laplace saus se persuader que c’e-tait un homme rdellement extraordinaire (i).»
Le g6n6ral Bonaparte, devenu A T apol6on I er , n’ouhlia pas sonami le chimiste. Berthollet fut nommi s^nateur titulaire de la se-nalorerie de Montpellier et cre£ comte de l’Empire. Il n’employaces faveurs de la ibrtune, ce qui fait son 61oge, qu’au progres dela sCience. II fonda la Societe d’Arcueil qui publia un recueil dem6moires physiques et chimiques, que Ton peut consulter en-core aujourd’hui avec prosit. Thenard, Cay-Lussac et Hum-boldt, etc., y iirent paraitre leurspremiers travaux scientifiques.
A la Restauration, Berthollet accepla Tun des premiers la pai-rie. Le Memorial de Sainte-Helene contient a ce sujet des ren-
(1) Voy. Davy, dans la Cliimie enseU/nee par la hiographie de ses son-dateurs, >>. 208. Paris (Hachette), 1865.