MONTRES ET CHRONOMÈTRES. 27
marcher. Ce ressort peut ainsi entretenir seul le mouvement desrouages et des aiguilles, pendant un temps assez long pour qu'onpuisse remonter complètement la montre ; lorsque ensuite le ressortmoteur reprend son action, il restitue au ressort abc la tensionqu’il a perdue pendant le remontage.
§ 15. L’emploi d’une chaîne et d’une fusée, comme intermé-diaires entre le ressort moteur et les rouages d’une montre, a miscette machine au niveau des premières horloges à poids, en ren-dant constante l’action du moteur. Mais le défaut du régulateur s’vfaisait encore sentir, tout aussi bien que dans ces horloges. Ellesavaient donc besoin d’être modifiées sous ce rapport ; la régularitéde leur marche ne pouvait être obtenue qu’autant qu’on leur ap-porterait un perfectionnement correspondant à celui qui est ré-sulté, pour les horloges, de la substitution du pendule au régula-teur à palettes et à balancier. Voici comment on y est parvenu.
Le défaut capital du régulateur à palettes et à balancier tient àce que son mouvement est uniquement produit par les actions suc-cessives qu’il éprouve de la part des dents de la roue de rencontre,ainsi que nous l’avons expliqué précédemment (§ 6). On a donc dûchercher à lui substituer un régulateur qui, tout en restant com-patible avec la mobilité de la montre, fût cependant de nature àosciller de lui-même, sans avoir besoin pour cela de faction dumoteur. C’est ce qu'a fait Huygens, qui a imaginé pour cela lebalancier à ressort spiral, sorte de régulateur qui est exclusive-ment employé dans les montres, de même que le pendule l'estdans les horloges fixes. Ce balancier n’est autre chose que celuidont nous avons parlé jusqu'à présent, muni d'un ressort destinéà lui donner un mouvement d’oscillation. Ce ressort, que l'onnomme simplement le spiral , a la même forme que le ressort mo-teur décrit précédemment et représenté par la fig. 17 ; mais il estbeaucoup plus délié, et a par conséquent beaucoup moins de force.Son extrémité intérieure est attachée à l'axe du balancier, commele montre la fig. 22 ; et sonautre extrémité est fixée à l’unedes platines de la montre. Lespiral prend naturellement unecertaine forme d'équilibre. Lors-qu'on fait tourner le balancierautour de son axe , soit dans unsens, soit dans l’autre, le spiralse trouve déformé; en vertu de son élasticité, il tend à reprendrela ligure qu'il avait précédemment, et ramène le balancier vers sa