Buch 
Cours élémentaire d'astronomie : concordant avec les articles du Programme officiel pour l'enseignement de la cosmographie dans les lycées / par Ch. Delaunay
Entstehung
Seite
39
JPEG-Download
 

\ ISION l)’UN OltJKT. 39

do ki prunelle on a'b' laissera pénétrer à l'intérieur de l'œil quatrefois plus de rayons de lumière émanés du point m, que lorsque cetteouverture était placée en ab. Ce que nous venons de dire pour lalumière émanée du point m peut évidemment se répéter pour cellequi vient de tous les autres points do la surface du corps M quisont dans son voisinage. On en conclura sans peine que, si la dis-tance de l'œil il l'objet diminue de moitié, la quantité de lumièreque l'œil reçoit d'une portion quelconque de la surface de cet objetdevient quatre fois plus grande. Mais, en même temps, la grandeurapparente de cette portion de surface est également quadrupiée,ainsi que nous l’avons expliqué il n’y a qu'un instant : elle aug-mente donc dans le même rapport que la quantité de lumière quel’œil en reçoit, et il en résulte que la clarté de la surface ne changepas. Il en serait évidemment encore de môme pour toute nouvelleposition que l’œil prendrait par rapport à l’objet.

Ainsi, en résumé, lorsqu'on regarde un objet lumineux successi-vement à diverses distances : 1 0 l'objet est vu avec une netteté plusou moins grande, suivant que sa distance à l'œil se rapproche plusou moins de la distance de la vue distincte ; 2° la grandeur appa-rente de chaque dimension de l'objet varie en raison inverse de sadistance à l’œil, et la grandeur apparente do sa surface varie enraison inverse du carré de cette distance; 3° enfin la clarté do lasurface de l’objet reste la même, quelle que soit sa distance àl'œil.

Ce dernier résultat paraît en contradiction avec ce que l'on ob-serve tous les jours, car on sait que, à mesure qu'on se rapproched'une surface, la clarté de celte surface augmente constamment;si bien que les peintres, dans leurs tableaux, ne mettent pas .lamôme teinte sur des surfaces également lumineuses, qui sont si-tuées, les unes au premier plan, les autres au second plan. Maisil faut faire attention qu’il y a ici une cause qui modifie la clarté del'objet qu'on regarde, cause qui n’existait pas dans le cas sur lequelnous avons raisonné tout à l'heure : c’est la présence de l'air quiexiste entre l’objet et l'œil, en quantité d'autant plus grande queleur distance est plus considérable. Sans l'interposition de l’air,un mur blanc paraîtrait également clair, quelle que fût la distanceà laquelle on se trouverait de ce mur pour le regarder ; mais, dansla réalité, ce mur paraît de moins en moins clair, à mesure qu’ons’en éloigne, parce que la quantité d'air interposée entre ce mur etl'œil augmente de plus en plus, et qu'elle absorbe par conséquentune quantité de lumière de plus en [dus grande. Si, dans les rai-sonnements qui précèdent, nous avons fait abstraction de l'air qui