202 FIGURE l)K LA TERRE.
La surface des mers éprouve en conséquence une déviation cor-respondante ; et pour être perpendiculaire aux verticales AB', CI)',il faut qu’elle présente une ondulation telle que mm'm".
On voit par là que, quoiqu’on ne s’occupe pas des irrégularitésde la surface des continents, dans les mesures qui ont pour objet ladétermination de la ligure de la terre, et qu’on rapporte ces mesuresà la surface idéale suivant laquelle la mer se mettrait en équilibresi elle pouvait pénétrer partout, ces irrégularités se font cependantsentir, par l’influence qu elles ont sur la forme de cette surfaceidéale. Partout où il existe une chaîne de montagnes, la surface desmers prolongée présente une ondulation correspondante, maisbeaucoup moins prononcée. On comprend même que la répartitioninégale des densités des matières qui composent la croûte exté-rieure de la terre suffit pour déterminer des inégalités de ce genresur la surface des mers.
La mesure d’un arc de méridienne effectuée en Italie, parMM. Plana et Carlini, fournit un exemple remarquable de la défor-mation qu’une chaîne do montagnes peut apporter sur la surfacedos mers prolongée au-dessous de cette chaîne. L’arc dont il s'agit,compris entre Andrate et Mondovi, est situé près du versant mé-ridional des Alpes. L’angle compris enlre les verticales extrêmesest de l°7' 27". La longueur de l’arc de 1° qu’on en a conclue estde 57 687 toises ; cet arc correspond à une latitude moyenne de44° 57' 29". Si toutes les méridiennes avaient la forme de l’ellipsedéduite de la combinaison des opérations de France et du Pérou(§ 107), l’arc de 1° à cette latitude moyenne aurait une longueurde 57 013 toises : la différence énorme de 674 toises, entre le ré-sultat de la mesure et celui auquel cette ellipse conduit, tient à laprésence de la chaîne dos Alpes. Cette chaîne agit par attractionsur le fil à plomb, à chacune des extrémités do l’arc mesuré parMM. Plana et Carlini ; mais son action est beaucoup plus forte àl’extrémité nord qu’à l’extrémité sud do cet arc. Cette action tend àdiminuer l’angle formé par les verticales extrêmes do l’arc, commeon s’en rendra compte sans peine; et, par conséquent, à augmenterla longueur de l’arc de 1° qu’on obtient en divisant la longueurtotale de l’arc mesuré par l’angle des verticales extrêmes (§ 102).
On comprend maintenant pourquoi les résultats des mesures ef-fectuées dans divers lieux de la terre ne s’accordent pas à fournirles mêmes dimensions pour l’ellipse méridienne, quand on lescombine entre eux de différentes manières; les irrégularités dontnous venons de constater l’existence s'opposent à ce que cet accordexiste complètement. Cependant, quand on met de côté les arcs