MONTAGNES DE LA LUNE. 403
sur laquelle aura porté l’observation ; car, pour que le sommetde la montagne soit assez éclairé pour être aperçu de la terre,il faut, non-seulement qu’elle atteigne la région de l’espace danslaquelle pénètrent les rayons solaires que la lune laisse passer,mais encore qu’elle s’élève d’une certaine quantité dans cetterégion.
Il existe une autre méthode, qui est fondée sur la mesure del'ombre que les montagnes projettent sur la surface de la lune, ducôté opposé au soleil. Voici en quoi elle consiste. Supposons encoreque la lune soit à son premier quartier. Une montagne a, fig. 278,projette une ombre ac. Le rayon solaire ba, qui passe très près dusommet de la montagne, doit donc venir percer la surface de lalune en c. Si nous menons encore un plan par ce rayon et par lecentre delà lune, ce plan coupera la surface de la lune suivant uncercle tel que pqrs, et le rayon solaire, dirigé suivant b'c', percerace cercle en c '. En mesurant la distance cd ,, qui est égale à c'd', onconnaîtra les deux côtés oc', c'd', du triangle rectangle d'oc', etl'on en déduira l’angle oc'd!. L’angle ocV, qui est le supplémentde oc'd', sera donc connu. D'ailleurs on pourra aussi mesurer lalongueur ac de l'ombre, longueur qui est égale à u'c'; on connaîtradonc un angle oc'a', et les deux côtés adjacents, dans le triangle oa'c',d’où l’on déduira le côlé oa'. En retranchant le rayon oc' de cettedislance oa' du sommet de la montagne au centre de la lune, ontrouvera la hauteur du sommet de la montagne au-dessus de lasurface de la lune.
Pour faire concevoir en quoi consiste chacune de ces deuxméthodes, nous avons supposé que la lune était dans son premierquartier. Il est aisé do voir qu’au moyen de certaines modifica-tions, ces deux méthodes peuvent servir l'une et l’autre à la dé-termination de la hauteur des montagnes de la lune, lorsque l’astrene se trouve pas précisément dans cette phase particulière. Maisnous n’entrerons pas dans plus de détails sur ce point, notre butétant uniquement de faire comprendre la possibilité de mesurer lahauteur des montagnes de la lune avec un certain degré d’exac-titude.
MM. Beer et Madler, de Berlin, après avoir effectué un très grandnombre de mesures, dans les diverses parties de l’hémisphère lu-naire qui est tourné vers la terre, ont trouvé 22 montagnes dont lahauteur surpasse 4 800 mètres (hauteur du Mont-Blanc). Voicicelles dont la hauteur est la plus grande; elles sont désignées parles noms qui leur ont été attribués par Riccioli, et qui sont géné-ralement adoptés :