ÉCLIPSES DE LUNE. /|17
contraire, qu’il est plus rapproché de la surface de l'ombre pureBOB'. En sorte que, pendant que la lune s’avance de manière àpénétrer dans le cône d’ombre de la terre, une portion quelconquede sa surface doit commencera perdre de son éclat au moment oùelle entre dans le cône CBB'C' ; la lumière doit aller ensuite en di-minuant progressivement, à mesure que cette portion de surfaces’avance vers l’ombre pure, pour disparaître tout à fait à l'instantoù elle franchit la limite extérieure de cette ombre pure.
Les diverses parties du disque de la lune occupant, à un instantdonné, des positions différentes à l'intérieur do cet espace qui cor-respond à la pénombre, il doit y avoir une dégradation insensiblede lumière, depuis les points qui sont éclairés par toute la surfacedu soleil, jusqu'à ceux qui n'en reçoivent aucun rayon lumineux.Mais il est aisé de voir que le diamètre du disque de la lune n’estpas assez grand, pour qu’on puisse bien y distinguer la pénombredans toute son étendue. La largeur angulaire de la pénombre estprécisément l'angle CBO ; or cet angle est égal à l’angle ABA', quin’est autre chose que te diamètre apparent du soleil, vu de la terre :et comme le diamètre apparent de la lune est à peu près le mômeque celui du soleil, il en résulte que la lune peut occuper à peuprès toute la largeur de la pénombre. D’après cela, lorsqu’une por-tion du disque de la lune est dans l’ombre pure, l’autre portiondoit être tout entière dans la pénombre, et ne doit même pas s'é-tendre jusqu'à la limite opposée de cette pénombre.
Ce qu’on remarque aisément, c’est le passage insensible del’ombre pure à la pénombre; la dégradation de teinte qu'on y voitest tellement prononcée, qu’il est impossible d’indiquer avec pré-cision l'instant où un point remarquable de la lune quitte la pé-nombre pour entrer dans l’ombre pure, ou inversement.
§ 230. Outre les circonstances que nous venons d’indiquer, etqui résultent de la manière dont une partie des rayons solaires estarrêtée par l’interposition du globe terrestre entre le soleil et lalune, il y en a encore d’autres qui sont dues à la présence de l’at-mosphère de la terre, et que nous allons faire connaître.
Pour que les choses arrivent exactement comme nous l’avonsdit jusqu’à présent, il faut que les rayons solaires, en passant prèsde la terre, conservent la direction rectiligne qu’ils avaient au mo-ment où ils sont partis du soleil. Mais on sait qu’il n’en est pasainsi pour les rayons lumineux qui traversent l’atmosphère de laterre ; ces rayons changent de direction chaque fois qu’ils passentd’une couche d’air dans une autre couche d'une densité différente :lorsque, après avoir pénétré dans l'atmosphère d’un côté, ils en