KCXU'SES DE J.OiVE. .419
les couches inférieures de l’atmosphère, et continuent leur routeaprès avoir passé tout'près de la surface de la terre, on verra qu’ilsviennent converger en un point D beaucoup plus rapproché dela terre que le point O. Le cône BDB', formé par ces rayons, di-vise le cône d’ombre BOB' en deux régions : l’une, intérieure aucône BDB', dans laquelle il n’arrive aucun rayon solaire ; l’autre,extérieure à ce cône BDB', dont tous les points sont traversés pardes rayons solaires dévies de leur route primitive par l’atmosphèrede la terre.
Si l’on détermine la distance du point D au centre de la terre, ontrouve que cette distance est en moyenne de 42 rayons terrestres.On voit donc que la lune ne peut jamais pénétrer dans l’espaceBDB', qui est complètement privé de lumière ; au moment d’uneéclipse totale, la lune est tout entière contenue dans la portion ducône d’ombre BOB' où pénètrent les rayons réfractés par l'atmos-phère de la terre. Aussi arrive-t-il que, dans une pareille éclipse,la lune ne perd pas complètement sa lumière ; elle est encore fai-blement éclairée par les rayons dont nous venons de parler.
On observe que celte faible lumière que la lune conserve dansles éclipses totales présente une teinte rougeâtre très prononcée.Quelques points brillants, qu'llerschel avait remarqués dans cer-taines parties de la surface de l’astre , [tendant les éclipses , l’a-vaient môme porté à croire qu’il existait sur la lune quelques vol-cans en activité ; mais on ne doit voir, dans tout cela, que l’effet dûà la lumière du soleil, arrivant à la surface de la lune après avoirsubi l'influence do l’air atmosphérique. L’air arrête une portion dela lumière qui le traverse, et la réfléchit dans toutes les directions,ce qui donne lieu à la lumière diffuse ; mais cette action de l'air nes’exerce pas également sur les diverses lumières élémentaires quicomposent la lumière blanche. Les rayons de l’extrémité violette duspectre solaire sont arrêtés eh plus grand nombre que ceux de l'ex-trémité rouge ; c’est ce qui occasionne la couleur bleue du ciel,en raison de la prédominance des rayons de la première espècedans la lumière diffuse ; c’est ce qui produit encore la teinte rou-geâtre des nuages éclairés par le soleil, nu moment du coucher decet astre, en raison de ce que In lumière qui leur arrive, ayant tra-versé une grande épaisseur d'atmosphère, contient fine plus grandeproportion des rayohs de la sccohde espèce que la lumière blanche.On comprend donc que la lumière qui arrive encore à la surface dela lune, pendant les éclipses totales de cet astre, doit avoir uneteinte rougeâtre, puisqu’elle ne lui arrive qu’après avoir traverséune grande épaisseur d’air atmosphérique. Cette lumière rouge,