DÉTERMINATION DE ÉA PARALLAXE DU SOEEIE. 513
du soleil d'une quantité égale au rayon apparent de Vénus. Onobtient ainsi, pour le soleil, un disque idéal, plus petitque le disqueréel, et concentrique avec lui ; le centre de Vénus se trouve sur lecontour de ce disque idéal, à l'instant même où le contour de laplanète est tangent intérieurement à la circonférence du disque réeldu soleil. L'observation des instants précis auxquels commence etfinit le passage du centre de Vénus sur le disque idéal dont il s’agitpeut donc se faire avec une grande précision : et par conséquent onpourra en déduire la parallaxe du soleil, conformément à ce quenous avons dit précédemment.
L’idée de faire servir l'observation des passages de Vénus à ladétermination de la parallaxe du soleil, est de Hallev. Depuisl’époque à laquelle il appela l’attention des astronomes sur ce genred'observation (en I G77), le phénomènodu passagede Vénus nes'estproduit que deux fois, en 1761 et en 1769. A ces deux époques,plusieurs astronomes se disséminèrent sur la surface de la terre, etse rendirent dans les divers lieux d'où ils jugèrent qu’il était le plusconvenable d’observer le passage de Vénus, pour arriver à une dé-termination précise de la parallaxe du soleil. Les observations faitesen 1761 ne conduisirent qu’à des résultats peu satisfaisants; maiscelles de 1769, au contraire, permirent d’atteindre une grandeexactitude dans l’évaluation de la parallaxe du soleil. Pour que l’onpuisse se faire une idée du degré de précision avec lequel cette pa-rallaxe a été déduite des observations de 1769, il suffît de dire quela différence des durées du passage obtenues à Otabili, dans la merdu Sud, et à Cajanebourg, dans la Laponie suédoise, s’est élevée àplus d'un quart d’heure ; et que cette différence de durées, que l'ona pu connaître à quelques secondes près, est le principal élémentde la détermination de la distance des deux cordes ai, cf, fig. 337,d'où la parallaxe du soleil peut ensuite se déduire par des moyenssusceptibles d’une grande exactitude. C’est, ainsi que l’on a fixé à8",6 la valeur de la parallaxe horizontale du soleil, pour le cas oùcet astre se trouve à sa moyenne distance de la terre (§ 4 48).
On ne saurait trop admirer la méthode ingénieuse dont nous ve-nons d’essayer de faire comprendre le principe. 11 s’agit, en défi-nitive, d’arriver à la détermination d'un angle de 8", 6. Mais lesmoyens ordinaires, pour la mesure des angles, ne sont pas suffisantspour y parvenir; ces moyens, qui réussissent bien quand il s’agitde trouver la parallaxe de la lune (§ 201 ) dont la valeur est d’en-viron 1 °, donneraient à peine une approximation des plus grossièresde la valeur de la parallaxe du soleil : la valeur qu’ils fourniraientpourrait très bien n’être que la moitié de la vraie valeur de celle