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Cours élémentaire d'astronomie : concordant avec les articles du Programme officiel pour l'enseignement de la cosmographie dans les lycées / par Ch. Delaunay
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542 GRAVITATION UNIVERSELLE,

force agissant sur l’unité de masse de la planète dont elle vientprendre la place. Les forces appliquées à l'unité de masse des di-verses planètes ne sont donc inégales que parce que les planètessont à des distances différentes du soleil ; si elles se trouvaient pla-cées toutes à une même distance de cet astre, l’unité de niasse dechacune d'elles serait^soumise exactement à la môme force. Les for-ces totales qui agiraient sur les diverses planètes, dans le cas oùelles seraient ainsi ramenées à une même distance du soleil, nedifféreraient, les unes des autres, qu’en raison de l’inégalité desmassesdes planètes : ces forces seraient proportionnelles aux massesdes corps auxquels elles seraient appliquées.

11 résulte évidemment de tout ce qui précède, que les choses sepassent comme si le soleil unirait les planètes vers lui, les forcesd’attraction étant proportionnelles aux masses des planètes, et enraison inverse des carrés de leurs distances au soleil. Nous disonsque les choses se passent comme si le soleil attirait les planètes,parce qu’il nous est impossible d’arriver à une connaissance com-plète de la nature intime de la force à laquelle chaque planète estsoumise. Cette force ne se manifeste à nous que par les effets quirésultent de son action sur la planète, et tout ce que nous pouvonsconclure de l’examen attentif de ces effets, c’est la connaissance dela grandeur et de la direction de la force à chaque instant. Nousno pouvons, en aucune manière, décider si le soleil attire réelle-ment les planètes, ou bien si la tendance des planètes à se rappro-cher du soleil est due à une cause toute différente de ce que nousentendons par une attraction émanant de cet astre.

§ 293. C’est en réfléchissant sur la chute des corps à la surfacede la terre, que Newton fut amené à chercher les conséquences aux-quelles pouvaient conduire les lois de Képler. Il se demanda, toutd’abord, si la force en vertu de laquelle les corps tombent, c’est-à-dire ce que nous nommons la force de. la pesanteur, n’était pas lamême que celle qui retient la lune dans son orbite autour de la terre.Mais, pour résoudre cette question, il lui fallait savoir s’il pouvaitregarder l’intensité de la pesanteur comme constante, quelle que fûtla distance comprise entre le corps sur lequel elle agit et le centrede la terre ; et, dans le cas où cette intensité ne serait pas constante,il avait besoin de connaître la loi de sa variation avec la distance. 11pensa alors que les forces qui retiennent les planètes dans leurs or-bites autour du soleil pouvaient bien être aussi de même nature quela pesanteur, et que l’examen des lois auxquelles satisfont leursmouvements pourrait lui fournir les indications dont il avait besoin,relativement à la variation de cette force avec la distance. C est