EXPLICATION DU PHÉNOMÈNE DES MARÉES. 569circonstances, cependant il est loin d’être complètement identiqueavec ce mouvement ; il existe entre eux des différences essentiellesque nous allons signaler.
Dans chaque lieu, l’intervalle de temps compris entre deux hautesmers consécutives est bien égal, en moyenne, à 12' 1 25 m ; mais lahaute mer, au lieu d'arriver à l’instant même où la lune passe auméridien, lors des syzygies et des quadratures, n’arrive qu’un cer-tain temps après ce passage. L’oscillation de la surface de la merest bien toujours réglée dans son enscmblesur le mouvement diurnede la lune autour de la terre ; mais chacune des phases de cetteoscillation est en relard sur l’instant auquel elledovrait se produire,d’après les considérations théoriques qui viennent d’être exposées,et ce retard est d’ailleurs très différent d'un lieu à un autre lieu.
L’amplitude de l’oscillation de la surface de la mer, en chaquelieu, est bien tantôt grande, tantôt petite, et les alternatives d’aug-mentation et do diminution de cette amplitude se règlent bien surles phases de la lune, de manière qu’à une même phase correspondtoujours à peu près la même différence de niveau d’une hautemer et de la basse mer qui la suit ; mais ce n’est pas à l’épo-que même de la nouvelle lune ou de la pleine lune que le phéno-mène a sa plus grande intensité, et ce n’est pas non plus à l’époquedes quadratures que son intensité est la plus petite. L'amplitudede l'oscillation augmente et diminue successivement, en suivantexactement les lois qui résultent des considérations théoriques pré-cédentes ; mais les plus grandes et les plus petites valeurs decette amplitude n’arrivent qu’environ un jour et demi après lesépoques auxquelles elles devraient arriver d’après ces considéra-tions théoriques.
La quantité dont la surface de la mer s’élève et s'abaisse succes-sivement est en général beaucoup plus grande que celle que nousavons trouvée, en admettant que cette surface prend à chaque in-stant la figure d'équilibre qui convient à la grandeur et à la directiondes actions perturbatrices du soleil et de la lune. Nous avons vuque la plus grande différence de niveau qui puisse exister, danscette hypothèse, entre une haute mer et la basse mer qui la suit,est seulement de 0 m ,7i, à l'équateur, si le soleil et la lune sont àleurs moyennes distances de la terre ; dans le cas où le soleil et lalune se trouveraient tous deux à leurs plus petites distances de laterre, celle différence de niveau ne serait pas beaucoup augmentée :or il existe certaines localités sur les côtes de France, où l'étenduedu mouvement de la surface de la mer dans le sens vertical sur-passe 13 mètres.
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