LIVRE QUATRIÈME
NOTIONS DE LOGIQUE
APPLIQUÉES AUX MATHÉMATIQUES.
Les jeunes esprits seraient-ils incapables de se fixer sur desabstractions parce que la culture quasi-exclusive de la mé-moire aurait émoussé chez eux les deux facultés de l’entende-ment qui jouent le rôle principal dans l’étude des mathéma-tiques ?
Non, sans doute; mais quand la mémoire a fait les frais dela première éducation, il est grand temps de mettre à contri-bution l’attention et la réflexion; or l’étude des principes siimportante en elle-même est le plus énergique stimulant deces deux facultés.
Si l’étude des mathématiques est toujours pénible et sou-vent stérile pour un grand nombre d’élèves, cela tient à la ré-pugnance que les esprits légers ont pour la logique. J’en ap-pelle aux professeurs qui passent la moitié de leur temps àfrapper sur une enclume ou à remplir la triste corvée des Da-naïdes.
En effet, tel élève à qui les pratiques de la routine sont de-venues familières perd à peu près son temps, même en travail-lant beaucoup, quand il travaille sans méthode; et la raisonen est bien simple.
Il y a loin, nous le savons, de la perception des vérités isoléesà la conception de leur enchaînement; il y a si loin que lesnotions scientifiques, souvent acquises péniblement et à grandsfrais, sont des plus fugitives quand elles n’ont pas été solide-