PREMIERE PARTIE.
U G
CHAPITRE II
DES DÉFINITIONS ET DES AXIOMES.
I
Une définition est l'explication de la nature d’une chose oude ses qualités distinctives.
Pour qu’une définition soit irréprochable, il faut qu’elle soitclaire, qu’elle convienne à l’objet défini et seulement à cetobjet :
«L’esprit d’un auteur, dit La Bruyère, consiste à bien dé-finir et à bien peindre. » Ajoutons à cela que le point essen-tiel, dans l’étude des sciences, est de bien définir.
En géométrie, dit Pascal, on ne reconnaît que les définitionsde noms, c’est-à-dire que les seules impositions de noms auxchoses qu’on a clairement désignées en termes parfaitementconnus.
Ces définitions ne sont jamais sujettes à être contredites, caril n’y a rien de plus permis que de donner à une chose claire-ment désignée le nom qu’on voudra; il faut seulement éviterde donner le même nom à deux choses différentes.
Si les géomètres ont parfois abusé de certaines expressions,cela n’a rien de dangereux pour les esprits qui réfléchissent,attendu qu’ils imposent des noms aux choses, non pour enchanger l’idée, mais pour abréger le discours; attendu quel’esprit substitue toujours la définition entière aux termescourts employés par ces savants pour éviter la confusion qu’unemultitude de paroles pourrait produire, et qu’il évite ainsi leséquivoques.
Est-il possible, par exemple , de confondre les minutes etles secondes de la circonférence avec les minutes et les secon-des de l’heure ?
Est-il possible de confondre les premières divisions de la