298
TROISIEME PARTIE.
EUCLIDE
(300 ans avant J.-O.)
Euclide, l’auteur des plus anciens éléments de géométriequi nous soient parvenus, ouvrit une école de mathématiquesdans Alexandrie, sous le règne de Ptolémée, fils de Lagus.C’est à ce Ptolémée qu’il fit un jour cette réponse :
« Prince, les mathématiques n’ont pas de route royale : »Vérité qui peut se passer de commentaires.
Plus de deux mille ans après Euclide, un chimiste fut assezaimable pour adresser à un prince, qui lui accordait la faveurde l’écouter, ce compliment mémorable :
a Monseigneur, ces deux gaz vont avoir l’honneur de se com-biner devant Votre Altesse royale. »
L’auteur de cette gracieuseté avait sans doute plus d’aménitédans le caractère que n’en ont d’ordinaire les savants; mais ilpossédait avec cela des qualités solides. Sa bienveillance étaitacquise à ceux qui travaillaient au progrès des sciences, sui-vant en cela l’exemple du géomètre Euclide, et sa mort acausé plus de regrets que son adulation n’avait eu d’approba-teurs.
On nommait porisme, dans l’ancienne géométrie, une pro-position subsidiaire; on s’occupe encore des porismes d’Eu-clide...
Le célèbre géomètre démontre, à la fin du X e livre de sesÉléments, que la diagonale d’un carré et son côté n’ont pas decommune mesure; mais cette remarque ne lui appartient pas,puisque Platon compare l’ignorance de ceux qui n’ont pasl’idée de cette incommensurabilité à l’ignorance des bêtes.Une telle exagération ne blesse personne, et tout le mondepeut en rire; mais bien que Platon se montre ici inférieur àEuclide, il y a loin d’un philosophe comme lui à un simplegéomètre, celui-ci fût-il fameux.