.NOTICES BIOGRAPHIQUES.
311
HYPATHIE
( 370 - 4 ! 5 .)
Hypathie, fille de Théon, mathématicien d’Alexandrie, com-posades commentaires sur Appollonius et sur Diophante.
Elle joignait à une rare pénétration une grande ardeur pourl’étude. Après avoir étudié sous la direction de son père qu’elledevait bientôt surpasser en célébrité, elle partit pour Athènesoù elle suivit les leçons des maîtres les plus fameux.
De retour à Alexandrie, elle fut invitée par les magistrats àouvrir un cours de philosophie, c’est-à-dire à enseigner lesdifférentes sciences dont l’ensemble était alors décoré du beaunom de philosophie.
Cette femme accomplie unissait aux dons de l’esprit toutesles grâces de son sexe; bien qu'elle fût pour ainsi dire doubléed’un géomètre, elle avait une éloquence douce et persuasive,et des hommes distingués furent ses disciples. On cite entre au-tres Synésius qui devint évêque de Ptolémaïs, et qui ne cessajamais de lui être respectueusement attaché. Par malheurl’évêque S. Cyrille et ses prosélytes maudissaient en elle leprincipal appui du paganisme; et bien convaincus de son raremérite, ils redoutaient son influence sur le gouverneurd’Alexandrie. Or, voici comment ils s’y prirent pour la com-battre: Les plus fanatiques d’entre eux s’emparèrent d’IIypa-thie un jour qu’elle se rendait à l’école, puis ils la traînèrentdans une église où ils la tuèrent après l’avoir dépouillée de sesvêtements. Les forcenés mirent son corps en lambeaux, aunom du Dieu vivant; ils promenèrent comme des trophéesses restes sanglants par la ville d’Alexandrie, et ceux qui serefusaient à embrasser la religion nouvelle durent s’en faire,à la vue de ces cannibales, une triste et bien fausse idée.
Ainsi mourut vierge et martyre, sur les ruines du paga-nisme, la femme immortelle dont les ouvrages ont péri dansl’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie.