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Grammaire et logique mathématiques élémentaires : A,B,C de l'X : suivies d'exercices choisis et de notices biographiques sur les géomètres et les astronomes illustres depuis Thalès jusqu' à Biot / par Ch. Redouly
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TROISIÈME PARTIE.

Il est triste de penser aux précautions que prit Copernic poursubstituer la vérité à l’erreur. Le fait est qu’il tâche de se justi-fier, dans sa dédicace au Pape: «Des astronomes, dit-il, ayantla permission d’imaginer des cercles pour expliquer le mouve-ment des étoiles, je me crus également en droit d’examiner sila supposition du mouvement de la terre rendrait la théorie deces apparences plus exacte et plus simple. »

Le souvenir d’une pareille servitude peut consoler ceux quine se croient pas assez libres ; mais c’est une triste consolation.

Ce livre dans lequel la vérité se présente très-humblementsous forme d’hypothèse fit sensation dans le monde savantclair-semé à cette époque; mais si la grande découverte dupremier des astronomes modernes n’a plus rien à craindreaujourd’hui de ceux qui l’ont méconnue, nous le devons auxefforts persévérants et au génie des Kepler, des Galilée et desNewton.

Le disciple le plus dévoué de Copernic envoya à son illustremaître le premier exemplaire du livre immortel dont il avaitsurveillé l’impression à Nuremberg; mais l’auteur, qui étaitgravement malade, ne put que le toucher et le voir; il mourutquelques heures après l’avoir reçu, à l’âge de 70 ans.

N. B.— Copernic avait rencontré à Rome, dans sa jeunesse,un astronome excentrique que Sixte IY y avait appelé pour leconsulter sur la réforme du calendrier, réforme qui fut ac-complie en 1552, sous le pontificat de Grégoire XIII.

Cet astronome, nommé Jean Régiomontanus, cultivait l’as-trologie. Il chercha, par exemple, à déterminer les phases de lalune les plus favorables à la saignée, et les parties du corpshumain sur lesquelles les signes du Zodiaque ont le plus d’in-fluence. On peut dire que son mérite ne fut pas à la hauteurde sa renommée; car s’il fut, comme on l’a prétendu, l’astro-nome le plus célèbre de son temps, ses observations, peu nom-breuses d’ailleurs, n'ont conduit à aucune découverte.

Né à Kœnigsberg, en 1436, il mourut à Rome en 1476, c’est-à-dire à 40 ans, emporté par la peste ou victime d’un guet-apens. Il aurait été assassiné par les fils de George de Trébi-zonde, savant grec et auteur d’une traduction de Ptolémée,ouvrage dont il avait relevé les fautes.