NOTICES BIOGRAPHIQUES.
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dans cette ville qui dépendait de la République vénitienne; il ycomposa pour ses élèves des traités de gnomonique, de méca-nique, d'astronomie physique, voire même de fortifications. Ilinventa vers cette époque (1597) lethermomètre, et le compasde proportion auquel il donna le nom de compas militaire,parce qu’il l’avait principalement destiné à l’usage des ingé-nieurs militaires. Il fit aussi diverses recherches sur les aimantsnaturels, et trouva le moyen d’augmenter leurs forces par desarmatures.
Une étoile inconnue ayant paru tout à coup dans la constel-lation du Serpenfaire, Galilée démontra que cet astre étaitbeaucoup plus éloigné de nous que les planètes, c’est-à-direque la nouvelle étoile était fort au-delà delà région élémentairedes péripatéticiens. C’est ainsi qu’il s’attira, en dépit d’Aristote,la haine de la docte cabale qui croyait encore avec ce maîtreinfaillible que les cieux sont incorruptibles ou à l’abri de toutchangement.
Pour répondre à ses ennemis, Galilée fit de nouvelles dé-couvertes : il inventa le télescope ou la lunette de longue vue,et il lui fut donné de voir, en la tournant vers le ciel, ce quenul mortel n’avait vu avant lui, c’est-à-dire des merveillesqui ne tardèrent pas à exciter partout la surprise et l’admira-tion : il vit la surface de la lune sillonnée de vallées profondeset hérissée de hautes montagnes ; il vit Vénus et ses phasesqui prouvent la rondeur de cette planète, Jupiter escorté parses quatre satellites ; il vit enfin la voie lactée, les nébuleuses,et le ciel parsemé d’une multitude d'étoiles trop, petites pourêtre aperçues d’ici-bas à l’œil nu.
On conçoit que de pareilles découvertes puissent élever assezhaut les idées d’un homme pour lui faire dédaigner des er-reurs grossières qui ne pouvaient plus désormais être soute-nues de bonne foi. Galilée aurait pu s’écrier, avant M. Guizot,et dans des circonstances bien différentes : « Entassez injuressur injures; jamais elles ne s’élèveront jusqu’à la hauteur demon dédain. » Mais il ne fit pas à ses adversaires l’honneur deleur lancer de si fières paroles. Malheureusement il quitta Pa-doue, où il était libre de répandre les vérités nouvelles, pourFlorence où il devait perdre celte liberté. Le grand-duc, il estvrai, l’avait nommé son mathématicien extraordinaire, mais