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TROISIÈME PARTIE.
astronomiques. A l’époque où il fit cette découverte, devenuedepuis si importante, Galilée ne connaissait pas les mathéma-tiques ; il n’avait pas même le désir de les apprendre, et sonpère ne demandait pas mieux que de le voir dans ces disposi-tions. Toutefois, celui-ci eut l’imprudence de lui dire que lesprincipes de la musique et du dessin dépendent des mathéma-tiques ; et il n’en fallait pas davantage pour donner à cette rareintelligence l’envie de les étudier.
A peine entré dans ce. genre de spéculations, il fut saisi parle charme de la possession certaine, charme nouveau pour lui;ce qui le porta à sacrifier au génie d’Euclide ceux de Galien etde Platon. Toutefois, son père, qui voulait en faire un médecin,ne lui permit d’abandonner les études médicales qu’après avoirbien constaté qu’il était vraiment né pour les sciences exactes.
Galilée qui s’était déjà distingué, à son insu, par sa décou-verte sur le mouvement oscillatoire et par son talent de dia-lecticien, imagina la balance hydrostatique après avoir lu letraité d’Archimède sur les corps qui nagent dans les fluides ;puis il fit ensuite des recherches sur le centre de gravité dessolides, recherches qui lui valurent, à l’âge de vingt-cinq ans,la chaire de mathématiques de l’université de Pise. Excité parcette faveur qu’il attribuait surtout au grand-duc Ferdinand,il ne négligea rien pour la justifier.
Il démontra d’abord par l’expérience que tous les corps sontégalement sollicités par la pesanteur, et que les différencesentre les espaces qu’ils parcourent dans leur chute libre, endes temps égaux, proviennent de l’inégale résistance que l’airleur oppose, selon leurs différents volumes; puis il établit lavéritable théorie du mouvement uniformément varié.
Ces premiers succès de Galilée dans la philosophie expéri-mentale irritèrent contre lui les partisans de la vieille philo-sophie. Il quitta donc la chaire de Pise, en 1592, pour se sous-traire à leurs tracasseries. Revenu à Florence sans emploi, il ycontinua ses études, et obtint bientôt, grâce aux recommanda-tions de Guido Ubaldi (*), la chaire de mathématiques de Pa-doue. Galilée continua ses leçons publiques et ses expériences
(*) Géomètre instruit et fort influent qui le recommanda plus d’une foisà Jean de Médicis et au grand-duc Ferdinand.