NOTICES BIOGRAPHIQUES.
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| quelles nous citerons l’églogue intitulée Ismène, VApologue del’Amour et de l’Honneur, le Sonnet de Daphné et le Portrait deClarice, les seules productions de ce genre ou les seuls versde Fontenelle qui méritent, a-t- on dit, d’être sauvés de l’oubli.La grande réputation littéraire de Fontenelle commença lorsde la publication de ses Dialogues des morts ; ses Entretiens surla pluralité des mondes et l’Histoire des Oracles y mirent lesceau. A propos de la réfutation de ce dernier livre par le| jésuite Baltus, Fontenelle se contenta d’écrire à M. Leclerc :j «Ceserait plutôtàM.Van-Daaleàrépondre qu’à moi, il est mon| garant; je ne suis que son interprète, et j’aime mieux que lediable ait été prophète puisque le P. jésuite le veut et qu’iltrouve cela plus orthodoxe. » Cette Histoire des Oracles où l’onse propose de prouver que les oracles n’ont point cessé à la ve-nue de Jésus-Christ, et qu’ils n’étaientpas l’ouvrage des démons,ouvrità Fontenelle les portesde l’Académie des inscriptions etbelles-lettres; elle fit croire aux esprits forls(*), qui déjà formaientun parti, que son au leur avait travaillé pour eux ; et si le fougueuxLetellier, persécuteur des jansénistes et dernier confesseur de‘ Louis XIV, le dénonça en vain, c’est parce que l’opinion qu’ony soutient est conforme à celle de plusieurs théologiens renom-més. L’Académie des sciences ayant reçu une forme nouvelleen 1699, Fontenelle fut nommé son secrétaire, et il remplitces hautes fonctions pendant quarante-deux ans. Son Histoirede l’Académie des sciences est la plus remarquable de ses pro-ductions. Cet ouvrage peut seul donner une idée exacte de sesqualités d’écrivain; il renferme deux préfaces, les extraitsj des mémoires des savants et leurs éloges. C’est au sujet de cesj écrits, où Fontenelle montre un esprit universel et lumineux,que Voltaire a dit :
L’ignorant l’entendit, le savant l’admira.
Ce n’est pas sans raison que Voltaire inscrivit Fontenelle, deson vivant, dans le catalogue des auteurs du siècle de Louis XIV,
(*) Comme on a reconnu qu’il y a peu de différence entre un esprit faibleet un imbécile, on appelle, aujourd’hui idéologue ou libre-penseur, ou toutsimplement philosophe, l’homme que l’on aurait nommé jadis esprit fort ,