NOTICES BIOGRAPHIQUES.
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D’ALEMBEET
(1717-1783.)
D’Alembert, dans un mémoire qu’il nous a laissé sur sa vie,décline ainsi ses noms et ses titres divers: Jean-lc-Rond,d’Alemberl, de l’Académie française, des Académies des sciencesde Paris, de Berlin et de Saint-Pétersbourg, de l’Académieroyale des belles-lettres de Suède, et des Sociétés royalesde TurinetdeNorwége, naquit à Paris, le IG novembre 1717, de parentsqui l’abandonnèrent en naissant.
En effet, l’homme illustre dont nous allons parler futexposé immédiatement après sa naissance sur les marchesd’une petite église située près de Notre-Dame, aujourd’hui dé-truite, et appelée Saint-Jean-le-Rond (d’où le premier nom del’enfant, auquel on ajouta ensuite celui de d’Alembert). Laconstitution du nouveau-né parut si frêle que le commissairede police, dont la vigilance avait été éveillée par quelques dé-marches indirectes, le confia à la femme d’un pauvre vitrier,pour que des soins particuliers lui fussent donnés, au lieu del’envoyer aux enfants trouvés comme c’est l’usage. Depuis quele temps a déchiré le voile dont les parents de d’Alembert ontvoulu se couvrir, on sait qu’il eut pour père le chevalier Des-touches, que l’on surnomma Deslouches-Canon à cause de sesfonctions dans l’artillerie, pour le distinguer de son frèreDestouches le comique; et qu’il eut pour mère la célèbremadame de Tencin (*), femme intrigante et sans cœur qui son-gea à rendre une mère à son fils quand son orgueil y fut in-téressé, et quand aussi il fut trop tard. Deslouches fut moinsindifférent qu’elle au sort du pauvre enfant; car s’il ne poussapas loin sa sollicitude paternelle, il lui assura une pension de1200 livres, sans doute pour réparer, en soulageant sa con-science, l’abandon où il l’avait laissé.
(*) Cette femme, distinguée par son esprit, avait pour frère le cardinalarchevêque de Lyon. Elle se lit religieuse et devint romancière.
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