TROISIEME PARTIE.
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sures pour en empêcher les suites. Il était aussi présent à lavictoire d’Hondschoot, et on l’y vit marcher avec courage à latête des colonnes. Il ne déploya pas moins de valeur à Wati-gnies où, par ses avis autant que par son courage, il concourutglorieusement à débloquer Maubeuge. C’est à Carnot seul qu’ap-partient la conception des grandes opérations qui signalèrentla campagne mémorable de 1794 , car il fut en même tempsl’auteur des plans et celui des instructions données aux géné-raux des quatorze armées que lui seul avait pu créer , armeret diriger. Lui seul, en effet, avait des idées sur l’art de laguerre, dans le Comité de salut public, et il y avait toute auto-rité sous ce rapport. Carnot perdit de son influence pendantl’époque thermidorienne, mais il fut néanmoins réélu membredu Comité de salut public. En butte aux attaques des ennemisde la Montagne,compromis dans la tentative que firent ses amis,au 1 er mai 179o, pour recouvrer le pouvoir, il fut dénoncé àplusieurs reprises, et il eût peut-être été condamné si Bourdonde l’Oise ne se fût écrié : « Décréterez-vous d’accusationl’homme qui a organisé la victoire? » Non-seulement le sou-venir de ses services le sauva ; il eut bientôt assez de créditpour être réélu député par quinze départements à la fois, puismembre du Directoire dans le gouvernement créé parla nou-velle constitution. Son collègue Barras, homme grossier etcupide qui se croyait capable de conduire les affaires de laguerre, lui disputa avec obstination un pouvoir que lui seul,dans le Directoire, pouvait exercer avec succès. La révolutiondu 18 fructidor ayant été préparée par Augereau, Carnot futsurpris dans son lit par les sbires de Barras qui venaient l’ar-rêter au Luxembourg , et il n’eut que le temps de se sauverpar une porte du jardin.
Condamné à la déportation le même jour, il se réfugia enAllemagne. Après le 18 brumaire (18 octobre 1799) il rentraen France. Le nouveau consul le nomma inspecteur-général,puis ministre de la guerre; mais son inflexible probité luisuscita beaucoup de tracasseries, surtout avec le ministre desfinances, et l’on accepta enfin ia démission qu’il avait offerteà plusieurs reprises. Décidé à vivre dans la retraite, Car-not alla habiter une petite maison de campagne qu’il possé-dait près d’Etampes, pour s’occuper de l’éducation de ses en-