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Grammaire et logique mathématiques élémentaires : A,B,C de l'X : suivies d'exercices choisis et de notices biographiques sur les géomètres et les astronomes illustres depuis Thalès jusqu' à Biot / par Ch. Redouly
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TROISIÈME PARTIE.

M. Biot dédaignait les trompettes de la renommée, il avait'peur du bruit; mais il n’était pas insensible aux charmes de lagloire académique.

Somme toute, Biot est une des gloires scientifiques de laFrance; il ne regardait pas comme une espèce de bigamequiconque cultive avec plus ou moins de succès la littératureet la science; il n’était pas de ces esprits exclusifs qui croientvoir une cloison épaisse entre le domaine de la logique et celuidu sentiment; il n’était pas de ces esprits bornés qui excluentle solide de là où ils voient l’agréable, et qui, hors de l’art oude la science qu’ils cultivent avec un certain succès, nousrappellent ce musicien qui semble s’être remis avec son luthdans le même étui, après nous avoir comme enchantés par sesaccords. Biot fut, comme son confrère Arago, un de ces hom-mes remarquables qui ont professé, à diverses époques, leculte indivisible du vrai, du bien et du beau; mais l’austèreastronome resta fidèle à la science, comme le fut à la chan-son un des philosophes pratiques les plus sérieux de sontemps (*).

(*) Béranger a fait des chansons joyeuses, non pas pour endormir lesesprits, ni pour corrompre les cœurs, mais dans l’espoir de réveiller lesuns et de consoler les autres. - Si sa muse fut souvent légère, ses chantshéroïques ont retrempé les courages en cicatrisant de profondes blessures;ils furent un baume pour les douleurs de la patrie, douleurs que les com-pagnons d’armes du P. Loriquet n’ont jamais partagées ; ils seraient anbesoin, avec la Marseillaise, le sursum corda de ses défenseurs,..

Quant à la critique du chansonnier-réformateur, c’est une lime qui politce qu’elle mord ; elle n’a rien de commun avec celle des fins matois dontla ruse a formé le goût et dont l’étude n’a pas encore poli le langage.

Enfin, si le chansonnier-philosophe n’est pas l’auteur de ce vers :

« La vie est un combat dont la palme est aux deux, »il a écrit ceux-ci :

« Levez les yeux vers ce monde invisible,

« Où pour toujours nous nous réunirons. »

Vers charmants d’où nous concluons, par respect pour sa mémoire, qu’ilcroyait à l’immortalité de l’âme; sans refuser, pour cela, notre estime àceux qui n’y croient pas ; et cette confidence :

« Le bonheur de l’humanité a été le rêve de ma vie »qui peint fidèlement le cœur de l’homme.