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INTRODUCTION.
chez un peuple tel degré, ou réalisé telle conquête, ne dépendait pas unique-ment de ses efforts ; c’était le résultat d’un progrès commun qui avançait lasociété tout entière. Chaque phase ne pouvait donc venir qu’à son heure etdans le milieu qui lui convenait. Dans l’évolution intellectuelle tout marcheavec ensemble, pendant que tout obéit à un enchaînement.
Ainsi un fait frappant se dégage aujourd’hui du magnifique mouvementscientifique de ces derniers temps, c’est que le développement des différentesbranches des connaissances humaines a été successif et non simultané.Tandis qu’il y a des sciences dont l’origine remonte à l’antiquité, il y ena d’autres au contraire qui sont toutes récentes. Chacune s’est consiituée etest venue prendre place dans le faisceau général, à un moment donné. Cetravail d’éclosion continue encore. La génération qui nous précède a vu seformer, pour ainsi dire sous ses yeux, les sciences géologiques, qui occupentdéjà un terrain immense. Nous-mêmes avons assisté à la naissance dessciences biologiques, devenues rapidement si vastes. Ni l’antiquité, ni lemoyen âge n’avaient une idée, même éloignée, de la variété des objets aux-quels nos recherches scientifiques s’appliquent.
Sans doute il est dans la nature d’une science d’étendre son domaine, etl’histoire nous montre chacune d’elles grandissant et se perfectionnant. Maisle nombre même des sciences va en augmentant. Dans ce travail successif,l’intelligence s’ouvre, l’une après l’autre, des voies précédemment ignorées.On pourrait comparer les connaissances humaines à un arbre, sur lequeldes branches nouvelles viennent à pousser tour à tour.
Cette succession nous montre l’expression formelle de l’évolution scienti-fique. C’est le fruit du développement même de nos facultés. C’est la marchelogique, persévérante, progressive de l’investigation, chez ce grand hommepar lequel Pascal représente la continuité de l’espèce, cet homme « quiapprend sans cesse et qui vit toujours. »
A la fin du siècle dernier et même au commencement du siècle présent,l’ordre qui préside à ce travail de l’intelligence n’était pas assez apparentpour donner l’idée de décrire la série, et d’y insérer en son propre lieu unescience déterminée. Mais aujourd’hui les traits fondamentaux de ce déve-loppement commencent à se dessiner. C’est dans ce travail commun et beau-coup plus large que nous allons essayer d’envisager les caractères successifsde l’astronomie. Nous allons regarder celte science comme élément et partiede tout un ensemble d’évolution.