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Première partie.
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ÉPOQUE FABULEUSE. - NAISSANCE DE l’aSTRONOMIE .

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rismes. Parvenus à un certain degré de développement, tous les peuples ontbesoin de donner des noms, pour les distinguer les unes des autres, aux plusbelles étoiles. Les Gaulois avaient une première connaissance du ciel étoilé,puisque les Druides enseignaient à la jeunesse les mouvements des astres LLes Scandinaves avaient commencé une division de la spbère en constella-tions 1 2 . La Grande Ourse était pour eux un chien, la Petite Ourse le chariotde Charles (un de leurs héros); le Cygne s’appelait la Croix, dont les étoilesont en effet la figure; dans Orion ils voyaient la quenouille de Frigga. Lavoie lactée était un chemin, mais le caractère sub-polaire du peuple s’vtrouvait empreint : c’était le chemin de l’hiver.

Pour les Iroquois, la voie lactée était également un chemin : le chemindes âmes. Celte dénomination présente une coïncidence, qui peut n’ôtrequ’accidentelle mais qui est piquante, avec une opinion répandue autrefoisen Europe . On sait que dans les idées de l’antiquité grecque et latine, lesâmes venaient du firmament et y retournaient. Il ,y avait pour cela deuxportes, aux endroits du ciel où la voie lactée, qui leur servait de chemin,coupait le zodiaque 3 . Par celle des Gémeaux (qui correspondaient au signedu Cancer), elles entraient dans le monde, et par celle du Sagittaire (signedu Capricorne) elles en sortaient pour retourner vers les dieux. N’est-il pasdigne, de remarque que plusieurs nations de l’Amérique s’accordaient àappeler la voie lactée le chemin des âmes 4 ?

Il y a, du reste, quand on compare les uranographies des différents peu-ples, des rencontres qui nous surprennent, mais dont il ne faut pas cepen-dant exagérer la valeur. Ainsi, parmi les groupes d’étoiles, les Iroquoisavaient nommé les Pléiades le iennonniakoua, mot qui signifie, dans leurlangue, les danseurs et les danseuses. Ils n’étaient pas les seuls à se formercette idée. Hyginus , par exemple, chez les anciens, dit que les Pléiades, parla disposition des étoiles, paraissent danser une ronde. Mais s’il y avait iciune ressemblance, d’autres peuples s’étaient arrêtés à une image différente etavaient vu dans ce groupe une poule et ses poussins : pillatou eodi, avait-ondit dans l’Inde s , succoth benoth en hébreu , qui exprime la même idée 6 , etdans les langues modernes : en italien gallinela , en français poussinière, enanglais hen and chickens.

1 Caesar, De bello gallico, Iib. i. — 2 P. II. Mallet, Introduction à l’histoire du Danne-

rnarc, 1755, p. 222. — 3 Plato, De republica, lib. x; Macrobius , Expositio in somniumScipionis, lib. i, cap. 9. — 4 Lafitau , Mœurs des sauvages, éd. 4°, 1724, t. I, p. 406. —

3 Bailly, Histoire de l’Astronomie ancienne, 1775, dise, prêt., p. 30. — c Ilyde, Syntagma

dissertationum, réimpr. 1767, t. I, In Ulugh Beighi tabulas commentarii, p. 42.