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INTRODUCTION.
CHAPITRE II.
quelques petits cailloux enfermés, et en la remuant, elle tâche d’accorder savoix grossière avec ce tintamarre importun '. »
Les Ilurons avaient la même opinion que les Caraïbes au sujet des éclipsesde Lune , et ils suivaient les mômes usages, faisant un grand bruit de tam-bours et de chaudrons, dans l’espoir d’effrayer le dragon. Les Esquimaux,pendant les éclipses, cachent les provisions et ferment les maisons, de peurque le Soleil ou la Lune n’y entrent. Les hommes jettent des cris et frappentdes coups retentissants. Les femmes tirent les oreilles des chiens. Si ces ani-maux crient, c’est que la fin du monde ne doit pas arriver encore, car leschiens, qui existaient avant les hommes, ont un plus sûr pressentiment del’avenir.
Pour certaines tribus de l’Amérique du Sud , c’est un chien gigantesquequi, dans les éclipses, dévore la Lune ; pour les Guaranis du bassin de l’Oré-noque, l’ogre est un jaguar; pour les Makahs ichlhyophages du détroit deFuca, c’est un requin. Dans ces occasions, beaucoup de ^ 'ailes liraientdes (lèches en l’air, dans le but d’écarter les prétendus ennemis du Soleil etde la Lune. On ne peut manquer de se rappeler à ce sujet Je roi Alphonse VIde Portugal qui, ayant appris qu’il y avait au ciel une comète i 2 , présage de lamort d’un souverain, sortit pour l’apercevoir, et après l’avoir insultée, luitira des coups de pistolet.
Des idées analogues, bien que sous une forme un peu différente, se retrou-vaient chez les Scandinaves. La Lune , 3Iane, est pour eux un être mâle, tandisque Sunna , le Soleil, est femelle. Ces astres sont frère et sœur, lis marchentvite, par la raison que, près d’eux, il y a deux loups terribles, tout prêts àles dévorer. « L’un, dit l’Edda, poursuit le Soleil, qui le craint parce qu’unjour il en sera englouti. L’autre s’attache à la Lune , et lui fera aussi quelquejour subir le même sort. » Le plus redoutable « s’appelle 31 anay armer ,monstre qui s’engraisse de la substance des hommes approchant de leur fin:quelquefois il dévore la Lune et répand du sang sur le ciel et dans les airs. »>C’est le monstre qui attaque cet astre dans ses éclipses, menaçant chaquefois de l’avaler.
11 est resté fort tard dans l’astronomie des llindoux un remarquablevestige des idées primitives. Chez ce peuple, la science, parvenue à un étatbeaucoup plus avancé, conservait au ciel, sur le rang des planètes, le monstrequi s’efforce de dévorer le Soleil et la Lune dans leurs éclipses. Elle en avaitfait un personnage double, composé de la tête, râhou, et de la queue, kêtou,