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Première partie.
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INTRODUCTION. - CHAPITRE II.

la Chine . Les mêmes usages se continuent encore, avec le même objet sup-posé, à la Cour et dans les provinces, comme l’attestent le Recueil des lois 1à l’année peu ancienne de 1645, et les Règlements du tribunal des rites 2 ,publiés en 1846.

Pour les Chinois éclairés ce ne sont plus là que des formes. Mais chez lepeuple, il reste de la superstition. Dès que l’éclipse commence, il continuecomme autrefois à se jeter à genoux et à frapper la terre du front. Puis il faitun grand bruit de tambours et de timbales, pour délivrer l’astre du dragonqui menace de le dévorer.

Un semblable héritage, provenant d’un temps depuis longtemps disparu,a subsisté dans notre Occident , si fier de ses lumières, beaucoup plus tardqu’on ne serait tenté de le supposer. Ce qu’il y a de curieux, c’est que lessuperstitions y étaient fondées sur les mêmes idées que nous venons de trouverdans l’extrême Orient et dans le Nouveau Continent.

On sait que les anciens Grecs avaient, comme les Incas et les Chinois , lapensée que, dans les éclipses, le Soleil et la Lune souffraient, ou même qu’ilsétaient exposés à périr 5 . Platon fait allusion à cette croyance *, qui étaitreconnue pour remonter très haut". Pendant que les magiciennes exécutaientleurs opérations mystérieuses, on croyait secourir l’astre compromis en faisantretentir des cymbales d’airain °.

Une foule de passages des auteurs grecs et latins 7 portent témoignage del’usage constant, dans l’antiquité, de faire un grand bruit: « crepitu dissonoauxiliante, » dit Pline 8 ; « aeris crepitus in defeclu Lunae, silenli nocte, fierisolel, » dit de son côté Tite-Live 9 . Sous Tibère, les soldats de Pannonie ,surpris par une éclipse de Lune au milieu de leur révolte, eurent recours auxbruits discordants 10 . On attribuait aux sons éclatants le pouvoir de mettre enfuite les mauvais esprits. Suivant une tradition qui subsiste encore et qui aété poétisée par Wieland 11 , les premiers accents du coq brisent les enchan-tements de la nuit.

Dans le commencement de la constitution de l’église chrétienne, les popu-lations continuaient à jeter des clameurs quand le Soleil ou la Lune s’éclip-

* Khing-ting-thaï-thsing-hoeï-tien-sse-li, liv. ccclxxxix, f° 1. — 2 Khing-ting-li-pou-tse-li, liv. ccii. — 3 Moments, üdyssea, lit), xx, v. 357; expliqué par Ilias, lib. xvm, v. 290et lib. vi, v. 60. — Plato , Gorgias , cap. 68. — s Seholia in Apollonüun Rhodensem, adlib. ni, v. 533. — c Caelius Rhodiginus , Lectiones antiquae, lib. xix, cap. 10. — 7 Seholiain Theocritum, Idyllia, lib. n, v. 36; Alexander Aphrodisaeus, Quaestiones naturales, lib. i,prob. 46; lib. ii, prob. 43. — 8 PUnius, Ilistoria naturalis, lib. ii, cap. 12. — 9 Livius ,Historiarum ronianarum décades, lib. xxvi, cap. 5. — 79 Tacitus , Annales, lib. i, cap. 28.— 11 Wieland, Oberon, 1787, Ges. ii, v. 169.