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Première partie.
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INTRODUCTION. - CHAPITRE III.

Les fêtes séculaires. — Les calendriers solaires et Juni-solaires ramenaientles solennités et les fêles publiques, parce qu’ils ramenaient les phénomènesnaturels. Beaucoup de ces fêtes, comme les jeux olympiques, par exemple,n’étaient même célébrées qu’après un certain nombre d’années. Bien despeuples croyaient à de grands cycles, au bout desquels les événements reve-naient dans le môme ordre, non seulement au ciel, mais sur la Terre . Onattendait le retour du millenium. Le carmen seculare d’Horace était consacréà célébrer un événement de ce genre. Il y avait à Rome des fêtes séculaires,qui marquaient à de grandes distances des espèces d’étapes dans la marchedu temps. C’étaient les ludi seculares, qu’on célébra entre autres avec tantd’éclat sous le règne de Claude, fêtes que personne dans sa vie n’avait encorevues et que personne ne pouvait espérer de revoir, quos nec spectasset quis-quam , nec speclaturus esset ’. Elles se donnaient la nuit et avaient pour objetle salut de l’empire 1 2 .

La période de cinquante-deux ans paraissait aux Aztèques un cycle telle-ment complet qu’ils étaient dans le doute si, à l’expiration de ce terme, lagrande horloge du ciel, ayant accompli sa course pour une dernière fois, nes’arrêterait pas pour toujours. La grande année des Chaldéens et des peuplesclassiques de l’antiquité, fondée sur la période de la précession, renfermaitdes milliers d’années solaires. Le siècle aztèque menaçait un grand nombred’hommes une fois dans leur vie et quelques-uns môme deux fois. La nuitfatale où la cinquante-deuxième année allait expirer était donc un momentsolennel. Ce soir-là on éteignait dans les temples les feux sacrés. Dans lesdemeures particulières, on laissait également éteindre les feux des foyers. Onbrisait tous les vases qui avaient servi à contenir de la nourriture. La soiréese passait dans les ténèbres, la population étant partagée entre l’inquiétudeet l’espoir.

C’était en novembre ; le ciel, généralement clair en cette saison, étincelaitde ses milliers d’étoiles. On se rendait sur la montagne de HuixachtecatI, prèsde Mexico . Les Pléiades devaient culminer à minuit. On attendait qu’ellesfussent au plus haut du ciel : c’était la démarcation du siècle. On amenaitalors la victime humaine désignée ; les prêtres lui ouvraient la poitrine et enarrachaient le cœur. Posant ensuite sur cette poitrine pantelante les bâtonsd’où devait sortir le nouveau feu, ils les frottaient afin d’en faire jaillir laflamme, et ce feu servait à faire brûler le bûcher.

Des hommes munis de torches entouraient aussitôt cette flamme nouvelle,

1 Suetonius , De vita Tiberii Claudii, cap. S. — 2 Cicero, De haruspicum responsis,

cap. 37; Zosimus , Historia imperii romani, lib. n.