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Première partie.
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INTRODUCTION.

CHAPITRE III.

Dans les sociétés plus avancées, les premiers besoins de l’observationet le désir de se rapprocher des astres ont conduit à l’érection de puissantsmonuments. De cette époque datent les vestiges matériels les plus durablesque l’astronomie ait laissés dans aucun temps. C’étaient les immenses pyra-mides, à base carrée, élevées à la fois comme observatoires, comme templeset comme tombeaux. Les plus anciennes se distinguent par un caractèreparticulier : elles sont à gradins, c’est-à-dire que l’édifice se compose deparallélipipèdes superposés, de dimensions décroissantes. Telles sont, enÉgypte , les grandes constructions en pierre voisines de Sakharah. Cellede Dahchoùr a six gradins et celle de Meïdoùm en a trois. On attribue cesmonuments à la troisième dynastie et ils doivent avoir 54 ou 55 siècles.Les pyramides de Ghizeh n’offrent pas cette division par étages distincts :dans l’état primitif l’inclinaison des faces y était continue.

Ces pyramides, un peu plus récentes, sont successivement celle de Chéphren (Kawra), celle de Chéops (Koùwoù) et celle de 31enkérès, le Mycerinos desGrecs. Le règne de ce dernier est fixé par une observation astronomique etpar suite aussi l’époque de la construction de la troisième pyramide. Unpapyrus déchiffré par Chabas contient un lever héliaque de Sirius, de la neu-vième année du règne de Mycerinos, qui permet de rapporter cette date, avecune incertitude de trois ans seulement, à une année comprise entre — 3009et — 3006. Ce monument a donc 49 siècles '.

Les pyramides de Ghizeh sont orientées à quelques minutes d’arc. Pendanthuit mois de l’année, du commencement de mars jusque vers la fin d’octohre,elles sont, au milieu du jour, inondées complètement par la lumière, c’est-à-dire que le Soleil est assez haut pour illuminer à la fois leurs quatre faceset qu’elles ne portent pas d’ombre à midi. Biot a cru qu’elles servaient àobserver les équinoxes, en constatant le moment où le Soleil, à son leverou à son coucher, s’alignait sur l’arête méridionale de la base i 2 * . On a montréqu’aujourd’hui encore cette constatation est à la portée des Arabes du pays.Cependant De Bougé ne regarde pas l’existence de ces anciennes observationscomme établie, par la raison qu’on n’en trouve aucune trace dans lesmonuments 5 .

Ces pyramides avaient-elles d’autres usages astronomiques? Dans celle deChéops , une galerie inclinée, s’élevant vers le nord sous un angle d’un peuplus de 26°, partait de la chambre centrale pour déboucher au milieu de la

i Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions, 1876, 7 août. — 2 /. B. Biot , dans

Journal des Savants , 1855, p. 269. — 3 De Bougé, dans Revue contemporaine, 1862,

30 nov., p. 259.